Soutenez

Critiques CD: The Seasons, Chromeo, Yann Tiersen…

Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Miossec, The Seasons, Kate Tempest, Matthew Barber, Chromeo et Yann Tiersen.

Prodigieux voyage
Miossec
Ici-bas, ici même
Note: note critiques cd 4sur5

Vive la plume de Miossec, car à nous sont les ailes au fil de ces 11 chansons qui nous font voguer sur les eaux du temps qui ne revient plus. En capitaine qui regrette le rivage d’autrefois, le conteur de chansons breton dit la déroute de notre humaine condition avec une déconcertante tendresse. La vie elle a passé / et on l’a comme pas vécue / ou peut-être pas assez / pas comme on l’aurait dû. L’existence est un grand doute aux yeux du poète, une croisade vers on ne sait quoi qu’il faut mener tambour battant vers on ne sait quoi. Mais la lumière que ce 9e album jette sur le monde, crue sans être cruelle, suffit à elle seule à rappeler que le voyage humain peut être prodigieusement beau malgré son inévitable terminus, ici-bas et ici même.
– Sébastien Tanguay

 

Génial!
The Seasons
Pulp
Note: note critiques cd 4sur5

C’est en 2011 à Beauport que les frères Hubert et Julien Chiasson (voix et guitares) créèrent The Seasons avec Samuel Renaud (basse) et Rémy Bélanger (batterie). Deux ans plus tard, ils sortaient Velvet, un EP qui a attiré l’attention de plusieurs. Ceux qui l’ont aimé ne seront vraiment pas déçus par Pulp, un premier album abouti qu’on ne se lasse pas d’écouter en boucle. Cette offrande, entièrement en anglais, est un heureux mélange de sonorités des années 1960, d’indie folk, de rock et de pop. Difficile de choisir nos pièces favorites… Allons-y pour Kitsch Trick, Copernicus et Nightfall. Un groupe prometteur qui risque de faire parler de lui hors des frontières du Québec!
– Rachelle Mc Duff

 

Orageux
Kate Tempest
Everybody Down
Note: Note critiques CD 3.5sur5

Le monde de la Londonienne Kate Tempest n’a rien de bonbon. En fait, si bonbon il y a, ce sont les chimiques, ceux qui se vendent illégalement sous le manteau. Sur Everybody Down, son premier album qui évoque par moments l’univers de son compatriote The Streets, la poétesse-devenue-rappeuse décrit de son pur accent du sud de la capitale britannique, les passes dans les hôtels miteux, les soirées où tout le monde est défoncé, le quotidien grisailleux de ceux à qui la vie ne sourit pas. Les protagonistes de cette épopée livrée sur des rythmes agressifs s’appellent Pete et Becky. Ils sont perdus, déçus, démolis. Certes, le flow de l’artiste devient parfois monotone, et certaines pièces à l’effet coup-de-poing (The Beigeness, Circles) éclipsent les autres. Reste qu’avec Kate, la tempête gronde.
– Natalia Wysocka

 

Vraie romance
Matthew Barber
Big Romance
NoteNote critiques CD 3.5sur5

Rien de mièvre dans la Big Romance de Matthew Barber, qui livre ici son huitième album en carrière. Ouvrant le disque avec la très belle ballade folk Hold Me (qui aurait eu sa place sur la trame sonore d’un film comme Inside Llewyn Davis), Barber propose évidemment plusieurs autres chansons d’amour – Magnet Eyes, When She Comes Over Me, If Our Timing is True… – pour lesquelles il mise sur la sobriété, et il passe avec doigté de style en style avec des pièces plus pop-rock (la très accrocheuse Lose Your Love) ou blues (Dance of the Honey Bee). On a un faible pour la poignante Magic Greg, dédiée à un ami disparu, et pour la très bonne chanson folk On the 505, à propos du meurtre de Sammy Yatim par un policier.
– Jessica Émond-Ferrat

 

En fin de soirée
Chromeo
White Women
Note: note critiques cd 2.5sur5

Chromeo, c’est la poutine à 3 h du matin de la musique québécoise : du gros cheese gras, peu raffiné, mais sensuel à souhait, qui ponctue en toute bonhomie nos soirées. White Women est une itération impeccablement réalisée de cette même formule d’électrofunk hypersexualisé qui fait la marque de commerce du groupe. L’album nous surprend donc peu (le début de Somethingood est presque un autoplagiat de celui de Night by Night du dernier album), mais on ne peut guère se désoler de la routine quand c’est, oh, si satisfaisant. La pièce Old 45’s, qu’on imaginerait bien faire trembler les haut-parleurs d’une DeLorean des années 1980, est, pour nous, un nouveau classique.
– Jeff Yates

 

Plus loin encore
Yann Tiersen
∞ (Infinity)
Note: note critiques CD 3sur5

À l’écoute du plus récent album de Yann Tiersen, on se demande si l’infini du musicien breton se situe aux confins de l’espace. Très atmosphérique, avec des rythmes parfois discordants, le huitième album de celui qui a atteint la renommée internationale avec la trame sonore d’Amélie Poulain nous fait sentir comme un jour de pluie – d’ailleurs, on croirait même entendre le vent sur la pièce titre –, sur une autre planète. Aux sons typiques de Tiersen que sont les clochettes et les instruments jouets s’ajoutent une touche de sonorités style jeux vidéo (In our minds), une ambiance futuriste (Steinn) et des paroles en féroïen, en islandais, en anglais et en breton. Un album fort contemplatif. En spectacle mardi au Club Soda.
– Andréanne Chevalier

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.