Critiques CD: Judas Priest, Robin Thicke, Me’Shell Ndgeocello…
Cette semaine, l’équipe de Métro a écouté les derniers albums de Judas Priest, Me’Shell Ndgeocello, Putumayo: Native America, Robin Thicke, Hamilton Leithauser et Magic Man.
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L’bon vieux temps Judas Priest Redeemer of Souls Note: |
Les cris stridents de Rob Halford ont perdu un peu de puissance avec les années. Ils reviennent toutefois en force sur Halls of Valhalla, une des pièces phares du nouvel album de Judas Priest – Redeemer of Souls. Et ce n’est pas seulement Halford qui semble avoir trouvé la fontaine de Jouvence, mais le groupe au complet. Avec un nouveau guitariste à son bord – Richie Faulkner –, la légendaire formation nous offre un de ses meilleurs efforts depuis longtemps. Pendant environ une heure, Judas Priest balance les hymnes métal – Dragonaught, Sword of Damocles, Battle Cry –, flirtant avec le blues – Crossfire – et clôturant le tout avec une ballade – Beginning of the End –, comme dans l’bon vieux temps.
– Mathieu Horth-Gagné
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Éthéré Me’Shell Ndgeocello Comet, Come to Me Note: |
Pour son 11e album studio, l’Américaine Me’Shell Ndgeocello propose principalement des sonorités feutrées et relax, mais pas sombres. C’est un opus qu’on sent créatif et qui possède plusieurs strates qui se découvrent au fil des écoutes. En ouverture, la chanteuse et bassiste transforme le hip-hop années 1980 de Whodini en reprenant Friends à la sauce futuriste. Elle enchaîne avec plusieurs titres sexy, portés par sa voix douce et suave, dont Tom, Good Day Bad, Forget My Name et la pièce titre, Comet, Come to me. Moins intéressante est Shopping for Jazz, dont le style détonne au milieu du groove plus aérien qui se dégage de l’ensemble des pièces (à l’exception de Friends).
– Andréanne Chevalier
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L’âme d’Amérique Artistes variés Putumayo: Native America Note: |
Putumayo nous amène au-delà du béton et des gratte-ciel, jusque dans ces terres infinies d’où s’élève encore le chant des Autochtones. Loin du folklore clinquant de clichés dans lequel l’homme blanc a encagé les Premières Nations, les 10 chansons présentées sur l’album Native America montrent, au contraire, la vitalité de ces cultures qui résistent à l’ethnocide, qui survivent malgré l’indifférence, et qui chantent malgré tout, plus fortes que le mépris. Les langages autochtones s’y délient, touchants et conquérants, revendiquant leur droit à dire le monde avec leurs mots. Voilà une belle résistance à des siècles d’ignorance qui ont, de tout temps, brimé ces insoumis magnifiques!
– Sébastien Tanguay
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Dédicace Robin Thicke Paula Note: |
Après plus de 20 ans de relation, des incartades amoureuses et quelques scandales, dont la célèbre séance de twerking avec Miley Cyrus, l’actrice Paula Patton et le crooner Robin Thicke se sont séparés. Résultat: Paula, un album que Thicke dédie à sa femme pour tenter de la reconquérir. On peut trouver le chanteur effronté, mais doit-on exécrer sa musique pour autant? Non. Paula est un bon album de R&B/soul aux influences multiples. La voix suave de Thicke est toujours aussi envoûtante et plusieurs pièces sont entraînantes (Living in New York City, Tippy Toes, Time of Your Life). On ne sait pas si Still Madly Crazy et Get her Back sont sincères, mais elles sont réussies.
– Rachelle Mc Duff
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Noir et blanc Hamilton Leithauser Black Hours Note: |
Le leader du groupe en pause interminable The Walkmen, Hamilton Leithauser, accomplit de belles acrobaties musicales sur cet album solo. Tanguant entre noir et blanc, Black Hours est un savant mélange entre indie-rock et pop vintage de crooner. Si on extrapole, on pourrait même dire que certains morceaux se rapprochent du reggae, avec la rafraîchissante 11 O’Clock Friday Night notamment. Silent Orchestra illustre à elle seule les prouesses dont est capable Leithauser, guidée par une pop enjouée et traversant des élans de lyrisme qui ressortent tout en texture avec les harmonies vocales d’Amber Coffman, des Dirty Projectors. La formule s’essouffle cependant un peu sur d’autres morceaux comme Alexandra et I Retired.
– Émilie Bergeron
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Moyen magique Magic Man Before the Waves Note: |
La pochette semble annoncer un bon vieux disque de prog, le nom du band évoque une toune de Heart, mais les membres de ce groupe de Boston font bien de la pop. Non, ils ne révolutionnent pas le genre avec leurs orgies de claviers doublées d’envolées ensoleillées. Ils s’installent plutôt, confortablement, dans la lignée de ces formations à la Capital Cities qui fleurent bon l’été. Bien qu’on ne soit pas sidérée par l’originalité, on trouve tout de même des tubes sur cet album: la déjà populaire Paris et les futurs hits (prédiction) Catherine et Texas. Dommage que ces pièces se trouvent toutes en ouverture de disque et qu’à partir de la cinquième plage, Chicagoland, bien moins excitante que son titre ne laisse espérer, on sombre peu à peu dans la redite. Magic Man
-Natalia Wysocka





