Culture

Mathieu Arsenault: Gaminetiste et farceur littéraire

Mathieu Arsenault: Gaminetiste et farceur littéraire
Photo by: Daphné Caron/Urbania

«Louis Ferdinand Céline Dion», «Tequila Heidegger pas le temps de niaiser», «Avoir fini sa période Bukowski». Les slogans qu’affichent les t-shirts de la boutique en ligne Doctorak se vendent comme des petits pains chauds dans les cercles d’intellos.

Comment as-tu eu l’idée de faire des t-shirts littéraires?
Je m’étais fait un t-shirt «Louis Ferdinand Céline Dion» avec du papier pour t-shirts acheté chez Bureau en gros. Les gens m’arrêtaient dans la rue pour me demander où je l’avais pris. Ça m’a donné l’idée d’en vendre. Je me suis mis à la sérigraphie, parce que ça fait plus beau. Depuis, j’ai développé d’autres concepts comme «Ne me parlez pas de ma thèse», qui est très populaire en cette période de l’année, «Laure Conan Le Barbare» en hommage à la romancière de Charlevoix, et «Orthographier Kierkegaard sans se tromper».

Qu’est-ce qui plaît aux intellos dans tes t-shirts?
Au Québec, on a de la difficulté à avoir de la fierté à connaître des choses. Il y a beaucoup d’anti-intellectualisme. Je pense que mes t-shirts permettent aux littéraires d’afficher leur culture sans pédanterie. Aussi, plusieurs libraires se sont reconnus dans mon t-shirt Louis Ferdinand Céline Dion, pour avoir déjà proposé Voyage au bout de la nuit à un client qui leur avait demandé «le livre de Céline»!

Quel effet créent tes t-shirts?
Un t-shirt, c’est un médium très grand public. La spécificité des messages qu’ils véhiculent fait en sorte qu’ils peuvent passer complètement inaperçus dans certains milieux, mais si on rencontre quelqu’un qui saisit la référence, ça crée un contact.

Trouvais-tu que le milieu de l’humour manquait de références littéraires, ou que le milieu littéraire manquait d’humour?
L’humour a toujours été présent dans le milieu littéraire. Je me souviens d’une grève du département de littérature où les étudiants affichaient des pancartes très humoristiques, comme «La Beauce en beau câlice» ou «Voltaire est contre la hausse». Plus les départements sont sérieux, plus leur contrepartie humoristique est forte.

Est-ce qu’on devient plus riche en vendant des t-shirts ou des romans?
Quand t’es auteur et que tu publies un roman aux quatre ans, comme moi, tu ne peux pas en faire ton revenu. L’idée derrière les t-shirts, c’était d’avoir une autre source de revenu littéraire. Mais en quatre ans, j’ai fait 18 500$ avec ma boutique, et ça m’a coûté 18 000$ en matériel. En sérigraphie, plus tu fais de t-shirts, moins chaque t-shirts prend de temps à faire, mais je ne peux pas en faire 40 d’un coup, parce qu’il faut tenir compte de la demande et des tailles. Et un t-shirt raté, c’est 10$ de perdu. Donc non, on ne devient pas plus riche avec des t-shirts qu’avec des romans.

Doctorak

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