Cette semaine, on craque pour: Eden, Barbu, Duddy Kravitz…
Cette semaine, on craque pour… Eden, Jon Rafman au MACM, What We Do In the Shadows, Visite guidée sur l’histoire du Jazz à Montréal, le retour de Barbu, Brian Wilson solo et le côté classique de Duddy Kravitz.
1. Eden
Eden retrace la montée de la French Touch, un des mouvements musicaux les plus mythifiés des dernières décennies. Mais ce n’est guère un film pour dire à quel point c’était cool. C’est plutôt un film sur comment ça l’est devenu drôlement moins pour ceux qui l’ont vécu à cent milles à l’heure et qui y sont restés coincés. Inspirée par le parcours de son frère, la réalisatrice française Mia Hansen-Løve raconte l’histoire de Paul, jeune homme ayant abandonné les cours au grand dam de sa mère pour devenir DJ. Le temps passe, les années défilent, et pour Paul, populaire oui, mais jamais autant que ses confrères des Daft Punk, ce sera toujours la même chose : club, danse, défonce, club, danse, défonce… Avec finesse et délicatesse, la cinéaste parle un peu, à travers cette star des platines qui a perdu de son lustre et blêmi, de tous ceux qui, emportés par la vague et le moment, ont fait la fête inlassablement, trop longtemps. Le film aurait pu être rugissant, éclaté; il est feutré, tout en subtilité. (Natalia Wysocka)
2. Jon Rafman au MACM
On vous parlait lundi de la formidable expo Flux, de David Altmejd, mais jusqu’au 13 septembre au Musée d’art contemporain de Montréal, on peut aussi voir la première exposition dans un musée de l’artiste montréalais Jon Rafman, qui s’inspire de la culture de l’internet et des jeux vidéo pour créer des œuvres éclatées, troublantes, drôles, originales… Bref, deux expos qui valent certainement la visite. (Jessica Émond-Ferrat)
3. What We Do In the Shadows
Les vampires existent. Oui oui. En Nouvelle-Zélande. Avec What We Do In the Shadows, Jemaine Clement (Flight of the Conchords) et Taika Waititi (Eagle vs. Shark) offrent un accès unique au quotidien de quelques buveurs de sang colocataires vivant dans le monde actuel. OK, c’est un faux documentaire. Mais c’est vraiment drôle, jusque dans
leur mot-clic #DeliciousNecks. Attendez de voir comment ils interagissent avec les loups-garous… En DVD. (Andréanne Chevalier)
4. Visite guidée sur l’histoire du Jazz à Montréal
À l’occasion du Festival de jazz qui commence aujourd’hui, Leah Blythe reprend du service avec ses visites guidées qui portent sur l’histoire du jazz à Montréal. Avec cette balade de deux heures à pied à travers le centre-ville, la guide remonte le temps, du début des années 1920 jusqu’au commencement du Festival, en 1980. On n’a pas testé la visite, mais on aime le concept! Demain et dimanche, et les 3-4-5 juillet. Jazztoursmontreal.eventbrite.ca (Andréanne Chevalier)
5. Le retour de Barbu
Montréal complètement cirque propose pour une seconde année la «foire électro trad» du Cirque Alfonse – et si, comme nous, vous l’aviez manquée l’an dernier, courez-y! Au menu, en vrac : des colosses (à la pilosité faciale abondante, vous vous en doutez) qui font des acrobaties en patins à roulettes, jonglent avec des cerceaux et des quilles, exécutent d’imposantes pyramides humaines, le tout sur une trame sonore (électro trad, vous vous en doutez) festive jouée live. Au poil! À l’Olympia de Montréal jusqu’au 12 juillet. (Jessica Émond-Ferrat)
6. Brian Wilson, solo
Pour «accompagner» la sortie du biopic Love and Mercy, de Bill Pohlad, Warner ressort le tout premier album solo éponyme de Brian Wilson, paru en 1988. Comment résumer toute l’admiration pour un si grand homme en un si petit espace? Tout déborde : l’amour, les mots… Disons simplement que si vous ne possédiez pas cette pièce d’anthologie, GO, car on y retrouve toutes les qualités qui font le génie du Beach Boy torturé : son doigté pour les harmonies, ses airs complexes cachés sous des dehors de prétendue simplicité (ha!) et des morceaux d’une brillance absolue, qui donnent le frisson, comme Let It Shine, agrémentés de rimes à la fire – desire, qui passent, car c’est si beau, si… On le savait qu’on manquerait de place. En un mot? Divin. (Natalia Wysocka)
7. Le côté classique de Duddy Kravitz
À l’opposé total de la mode actuelle, le musical proposé jusqu’au 12 juillet au Centre Segal n’offre pas de chorégraphies extravagantes. Pas de chorégraphie du tout en fait, si ce n’est une petite série de steppettes discrètes sur le côté çà et là. Il n’y a pas non plus de chansons qui vous entrent dans la tête et vous suivent pendant des jours et des jours. Vous savez, ces hits enjoués que vous vous mettez à fredonner plusieurs semaines après avoir vu le show dans les moments les plus étranges? Lalallalaaaaa! Pas de ça. Les costumes ne sont pas flamboyants, plutôt sobres. Mais les acteurs, Ken James Stewart et Marie-Pierre De Brienne en tête, sont justes. Et ce côté anti-Broadway (même si la pièce vise justement à s’y rendre) donne au final un certain charme à cette adaptation du roman de Richler. (Natalia Wysocka)
On se désole pour…
Les concerts annulés au FIJM
Le trio de concerts que devait donner le contrebassiste Avishai Cohen, sans conteste une des têtes d’affiche de la 36e édition du Festival international de jazz de Montréal, a été annulé. En raison de problèmes de visas, ont précisé les organisateurs du festival dans un communiqué. Décevant… il y a longtemps que Montréal n’a pas vibré au son hybride de son jazz teinté de musique classique, de flamenco et des traditions musicales de son pays d’origine, Israël. Le spectacle de King Sunny Adé est également annulé. (Émilie Bergeron)