Cette semaine, on craque pour: La divine illusion, Le Petit Journal, Zoolander 2…
Cette semaine, on craque pour… La divine illusion, O Futebol aux RIDM, Karelle Tremblay dans Les êtres chers, Les frères Béquet, Le Petit Journal, Retour aux sources aux RIDM et la bande-annonce de Zoolander 2.
1. La divine illusion
C’est un grand moment de théâtre que propose ces jours-ci le TNM. Tous les ingrédients y sont : Michel Marc Bouchard signe un texte passionnant, où l’humour mordant côtoie les observations justes et choquantes, en se servant de la visite de Sarah Bernhardt à Québec en 1905 pour dresser un portrait coup-de-poing de la société de l’époque, sous le joug du catholicisme. Serge Denoncourt offre une mise en scène ingénieuse, puissante et qui fait paraître courtes les 2 heures 50 que dure le spectacle. Quant aux comédiens, ils sont tous exceptionnels. On pense à l’épatant Simon Beaulé-Bulman, aussi brillant dans la comédie que dans les moments dramatiques; à Anne-Marie Cadieux, à qui le rôle de l’extravagante Sarah Bernhardt sied comme un gant; et à Éric Bruneau, impressionnant dans un contre-emploi sobre et convaincant. (Jessica Émond-Ferrat)
2. O Futebol aux RIDM
Vous avez sûrement déjà entendu «Le sport réunit les gens» ou «Le soccer est une religion au Brésil». Après plus de 20 ans de séparation, le réalisateur Sergio Oksman propose à son père (à gauche sur la photo, en compagnie d’un gardien de stationnement) de suivre ensemble la Coupe du monde 2014. Le spectateur d’O Futebol entend évidemment parler de foot, mais il est surtout au premier plan – comme lorsque la caméra est fixée sur le siège arrière d’une auto – de retrouvailles faites de retenue, de souvenirs lointains et d’humour. (Baptiste Barbe)
Vendredi à 16 h et dimanche à 14 h 30 au Cinéma du Parc
3. Karelle Tremblay dans Les êtres chers
Toute la distribution du nouveau film d’Anne Émond, Les êtres chers (en salle dès vendredi), est remarquable, livrant des interprétations justes et sensibles. Mais Karelle Tremblay crève tout simplement l’écran. Disons-le d’emblée, la jeune émule brunette de Scarlett Johansson, qui s’est précédemment fait remarquer dans le film Corbo, est magnifique. Dans cette chronique familiale, celle qui incarne Laurence est crédible aussi bien en adolescente qu’en étudiante dans la vingtaine. Elle réussit à émouvoir à travers les moments de joie, de colère, d’angoisse et de détresse de son personnage, ainsi qu’à établir une véritable chimie avec les autres acteurs. C’est un talent émergent à suivre sans faute. (Roxane Léouzon)
4. Les frères Béquet
Les frères Béquet, c’est «Bé» pour Réal Béland et «quet» pour Dominique Paquet. C’est aussi une émission de télé diffusée sur Z Télé et un vrai album country disponible en magasin. Les deux humoristes québécois se sont fait passer pour un nouveau duo prometteur de country parrainé par nul autre que Paul Daraîche! Dans la même veine que Borat, les deux hurluberlus en confondent plus d’un. Hilarant concept! Même leurs chansons inédites sont réussies. (Rachelle Mc Duff)
5. Le Petit Journal
Vous avez sûrement vu les images : ce petit garçon, venu déposer des fleurs devant le Bataclan avec son papa, proclamant à la caméra que «les méchants, c’est pas très gentil». L’extrait qui a fait le tour du monde a été filmé dans le cadre du Petit Journal, émission humoristique française bien-aimée, qui s’est drapée de sobriété, sans pour autant perdre son regard unique, pour offrir cette semaine une série d’émissions abordant les attentats de Paris… C’est dans son cadre qu’on a vu cette petite fille clamer : «Je vais essayer cette nuit de ne pas faire de cauchemars. Je vais essayer.» Et ce groupe de jeunes se mettre à crier, place de la République : «Non non non! On n’a pas peur!» Animée par un Yann Barthès solide, ému et très classe, l’édition de lundi a rappelé les dérives de Fox News, les discours douteux de Donald T. et souligné le génie de John Oliver qui a célébré ce symbole de liberté ultime français qu’est le «fucking» croque-en-bouche. À voir en ligne, le cœur gros, si ce n’est déjà fait : canalplus.fr. (Natalia Wysocka)
6. Retour aux sources aux RIDM
Marqué du sceau «Rithy Panh présente», ce coloré et percutant docu suit l’artiste-graffiteur montréalais FONKi, tandis qu’il retourne au Cambodge de ses origines, pour voir «c’est quoi la vibe là-bas» et pour mieux connaître son histoire. Car «comment comprendre ton identité si tu ne connais pas ton passé, tu vois?» Et «comment savoir où tu vas si tu ne sais pas d’où tu viens?» Dans ce pays où «70 % de la population a moins de 25 ans», on croise les aïeux du charismatique protagoniste, on découvre avec lui la foisonnante scène hip-hop, et on le voit taguer, sur les murs de la capitale cambodgienne : «FONKi “coeur” Phnom Penh». Nous, on cœur ce film. (Natalia Wysocka)
À voir au Cinéma du Parc, dans le cadre des RIDM, dimanche à 18 h 45.
7. La bande-annonce de Zoolander 2
C’est sûr, les suites de comédies sont très souvent une version remâchée et réchauffée du premier film. Mais comme Zoolander 2 arrive 15 ans après l’original, on a confiance que Ben Stiller et ses coscénaristes nous donneront un nouveau volet à la hauteur de l’hilarant premier. Et la bande-annonce, où on retrouve Derek (Stiller) et Hansel (Owen Wilson), mannequins maintenant vieillissants (mais certainement pas moins drôles qu’avant), qui retrouveront vraisemblablement leur ennemi Mugatu (Will Ferrell) en plus de se frotter à divers nouveaux personnages (les quasi méconnaissables Benedict Cumberbatch et Kristen Wiig, entre autres), promet. On a hâte à février! (Jessica Émond-Ferrat)
On se désole pour…

Les effets du binge watching
La semaine dernière, on finissait une Xe télésérie en quelques heures – en l’occurrence Master of None, pour ceux qui auraient lu cette page –, mais l’évidence nous a frappé cette fois-ci. Oui, le binge watching – cette pratique démocratisée par Netflix & cie, qui mettent en ligne des saisons au complet – nous permet de voir illico l’épisode qui suit, et celui d’après, et le suivant… Mais là où la télé traditionnelle nous tenait en haleine de longs mois entre le premier et le dernier épisode, le binge watching nous force à attendre LITTÉRALEMENT un an avant la saison suivante. On ne peut pas tout avoir. (Baptiste Barbe)