Festival d’été de Québec – Un secret difficile à garder pour Souldia
Imaginez: Souldia savait depuis un an et demi que le Festival d’été de Québec lui offrirait les plaines d’Abraham comme terrain de jeu en juillet 2026, mais il devait n’en souffler mot à personne jusqu’à l’annonce officielle. Deuxième «petit gars de Québec» à fouler les mythiques plaines en tête d’affiche après l’illustre Jean Leloup, le rappeur ne promet rien de moins que «le show de [sa] vie».
Gens de la Vieille Capitale, non, la fierté de Limoilou ne vous snobait pas lorsque sa tournée Nouvelle vie, d’une centaine de dates, s’est mise en branle à l’automne 2024, et que Souldia ignorait volontairement les salles de Québec sur son itinéraire.
Lié par contrat, le rappeur devait se tenir loin de son territoire natal pour garder le momentum en vue de son grand soir sur les plaines. Il paraît encore déchiré de cette trahison pourtant justifiée.
«Chaque fois que je partageais ma tournée, je voyais des commentaires de gens de Québec, qui me disaient que je les oubliais, que j’oubliais d’où je viens! J’avais une espèce de blessure. J’aime tellement Québec d’amour! Alors, j’ai voulu créer une vraie surprise pour me reprendre auprès d’eux…»
Limoilou sur les plaines
Autrement dit: vous ne perdez rien pour attendre. Kevin St-Laurent se promet toute une virée le 13 juillet, qui en jettera tant visuellement que musicalement. Pensez pyrotechnie et autres effets wow. «Tout ce que vous pouvez imaginer d’envergure», précise le principal intéressé.
«On va le jouer comme si c’était le dernier de ma vie. Comme si, le lendemain, il n’y avait plus rien», lance l’artiste, de tout son cœur de gamin excité, encore ébahi de cette opportunité unique.
Le grand rendez-vous fait office de lancement de son 13e album solo, Monstre, opus double dévoilé en deux temps au début juin, mais Souldia se gâtera de plusieurs retours en arrière. Des potes comme Jay Scøtt, Roxane Bruneau, Manu Militari, Die-On, Lost, White-B et MB (de 5sang14), Rymz, Fléau Dicaprio, Marieme, FouKi et Koriass viendront déclamer quelques vers avec lui.
«Je viens de sortir un nouvel album, mais j’en ai aussi 12 autres à défendre, en plus des albums collaboratifs. Je vais passer à travers toute ma carrière. J’ai envie de mettre Limoilou, mon quartier, de l’avant. C’est la ville de Québec, mais le cœur est à Limoilou. C’est Limoilou sur les plaines! Ça sera un moment historique. Même si ce n’était pas moi, si c’était un autre rappeur de mon quartier, je serais aussi fier et je serais là pour vivre l’événement.»
La grand-messe rap devrait donc combler les fidèles de la première heure de Souldia, autant que les nouveaux venus de son fan club. À la conception artistique, Marc-Olivier Comeau (Future, Lil Baby, Arcade Fire, Lauryn Hill, Guy Laliberté, Aswell) a mitonné un univers en trois tableaux, qui nous emmènera droit dans l’imaginaire de Souldia. Un univers «monstrueux», évoquant le titre de sa récente collection.
«Je ne sais pas si les gens, s’ils rewindent 25 ans derrière et repensent au petit Kevin, s’ils auraient imaginé qu’il jouerait sur les plaines avec son team… Ils auraient ri! Ils auraient dit: ben voyons donc! Logiquement, mathématiquement, c’était impossible! Je ne sais pas ce qui est arrivé, mais nous voici sur les plaines, et je suis vraiment fier de ça!», s’émerveille celui qui a autrefois connu la rue, la criminalité et les centres jeunesse, et qui parle aujourd’hui de son épouse et sa petite famille (ses enfants ont 9 et 11 ans) avec la plus grande tendresse.
Avec Diane Dufresne
C’est, en fait, tout l’été 2026 qui s’inscrira dans les annales du «petit Kevin».
Non seulement sera-t-il le roi des plaines le 13 juillet, mais l’artiste a également marqué le grand spectacle de la Fête nationale à Montréal, le 24 juin, en se commettant en duo avec nulle autre que la monumentale Diane Dufresne, sur la non moins emblématique chanson Oxygène. Pas le moindre des faits d’armes quand on connaît la rareté de la farouche chanteuse sur nos scènes, il en convient.
«Je ne m’en suis même pas encore remis moi-même! C’était stressant, d’aller en répèt’ avec des gens comme Diane Dufresne et Bruno Pelletier! Il faut être on point…»
«J’ai toujours respecté la direction artistique de Diane», poursuit Souldia. «Elle a toujours été un peu en marge de l’industrie. C’est le genre de personnage qui m’a toujours allumé. J’avais les mains moites, quand je l’ai rencontrée! D’avoir été choisi pour chanter Oxygène avec elle, je n’en revenais comme pas… Et je pense que le choix venait d’elle. C’est super flatteur! Il y a deux ou trois jours, j’ai reçu un message de sa part, dans mon mail, qui disait qu’elle avait vraiment apprécié partager la scène avec moi, que c’était un beau moment. Je pourrais le faire encadrer!»
Le reste de l’année de Souldia se consacrera ensuite à la tournée Monstre. Il travaille également à un documentaire sur son parcours, qu’on pourra voir dans environ un an.
La Carte Blanche à Souldia sur les plaines d’Abraham aura lieu le 13 juillet. Pour toute la programmation du Festival d’été de Québec, on consulte le site officiel (feq.ca).
Quatre événements à ne pas manquer au FEQ
Selon Louis Bellavance, directeur de la programmation:
- Le groupe Sonido Gallo Negro. «C’est de la cumbia psychédélique électro trans! C’est un band qui vient du Mexique, de Mexico même. On les a découverts alors qu’ils jouaient dans un parking de motel à South by Southwest. Ils ont une espèce d’instrument weird qui s’appelle le thérémine. C’est vraiment pété!» Scène Hydro-Québec, Place de l’Assemblée-Nationale, 10 juillet, 21h.
- Bertrand Belin. «C’est est un coup de cœur absolu pour moi. C’est un phénomène, une espèce d’hybride indescriptible entre Johnny Cash et Étienne Daho. Je pense à Cash parce qu’il a une voix très basse. Il fait une musique incroyable. Il était venu au FEQ en 2012 ou 2013, parce que je l’avais vu dans une salle de spectacle à Paris. Il a une très belle carrière en France, mais est très peu connu ici.» En première partie de Klô Pelgag et Patrick Watson, Scène Bell, Plaines d’Abraham, 14 juillet, 19h.
- Royel Otis. «Une évidence du côté de l’indie pop fantastique. C’est un sacré beau band de pop actuelle qui a été sur une super progression. Il a juste deux albums, mais il ne faudrait pas se surprendre de les voir prendre le large, à un moment donné, et remplir des grandes salles. C’est toujours le fun d’attraper les artistes à ce moment de leur carrière; ça me fait penser à Charli XCX il y a quelques années.» Scène Loto-Québec, Place George-V, 17 juillet, 21h15.
- La soirée Kesha, Shaggy et The All-American Rejects. «Les trois ensemble sur les plaines, ça feel comme un festival dans le festival! Ce n’est pas un band avec une première partie, mais c’est une tornade de chansons très connues, d’une époque figée dans le temps. Il y a un gros revival de Kesha en ce moment, elle fait de grosses salles. Shaggy, son matériel n’a jamais arrêté de rouler. Et The All-American Rejects, on n’en entendait plus parler avant qu’ils prennent TikTok d’assaut; une nouvelle génération s’est recollée à eux. Ils font beaucoup de shows undergrounds dans des lieux inusités, dans des petites places. J’ai de bonnes attentes envers cette soirée, qui a une valeur de surprendre en termes d’assistance.» Scène Bell, Plaines d’Abraham, 15 juillet, 21h45.