Soutenez

Angles morts – «Le peureux, le cerveau et le trou de cul» ravissent Mani Soleymanlou

Mani Soleymanlou dans une scène de la série Angles morts.
Mani Soleymanlou dans une scène de la série Angles morts. Photo: Courtoisie - Karine Dufour / Radio-Canada

La série Angles morts est l’une des plus belles surprises télévisuelles de la saison, et Mani Soleymanlou se réjouit des échos enthousiastes qu’il reçoit de la part du public et de son milieu de travail depuis deux semaines concernant le ton de la série, la force du trio de protagonistes principaux et l’interprétation de tous les comédiens.

«Ça fait plaisir parce qu’on y a tellement cru!», se réjouit Mani Soleymanlou, qui partage la vedette avec ses comparses Pier-Luc Funk et Guillaume Cyr. «On savait qu’on avait un objet vraiment unique entre les mains. C’est beau de savoir que tout le travail qu’on a fait résonne chez les téléspectateurs», dit-il en entrevue avec Métro.

Montrer l’accident plutôt qu’en parler

Ce dernier n’a pas eu à passer d’audition pour hériter du beau personnage de Marc Lamarre. Le rôle lui a été directement offert l’an dernier, ce que l’acteur compare à un «cadeau».

Ce chirurgien oncologue désabusé qui voudrait tant améliorer les soins de ses patients en fin de vie se retrouve englué dans une spirale d’événements rocambolesques incontrôlables quand ses deux potes et lui mettent sur pied un stratagème d’achat d’assurances vie des patients de Marc.

Leur intention est louable – amasser les fonds nécessaires à la construction d’un centre de soins palliatifs – mais la méthode les entraînera jusque dans le crime organisé, à leur corps bien défendant.

Le pragmatique Marc (Soleymanlou), le baveux ex-policier Lambert (Funk) et l’anxieux notaire Philippe (Cyr) se dépêtreront de leur mieux dans cette turbulente galère.

Guillaume Cyr, Mani Soleymanlou et Pier-Luc Funk dans une scène de la série Angles morts.
Guillaume Cyr, Mani Soleymanlou et Pier-Luc Funk dans une scène de la série Angles morts.

«On s’amuse à dire, tous les trois, qu’il y a le peureux, le cerveau et le trou de cul (rires). Moi, je suis le cerveau de la gang. Marc a le cœur à la bonne place. Ç’a été un grand cadeau de me retrouver avec deux acteurs aussi performants que Pierre-Luc Funk et Guillaume Cyr.»

S’appuyant sur les textes, cyniques et drôles, de Jacques Davidts (Les Mecs, Les Parent) et Normand Daneau et la réalisation trépidante de Rafaël Ouellet (Veille sur moi, Aller simple: survivre, le nouveau film Hantée) et Mathieu Cyr (Casse-gueule, Bon matin Chuck), Angles morts se campe à la frontière entre le thriller financier et la comédie noire. La parenté avec Avant le crash n’est pas si lointaine.

Angles morts a de surcroît bénéficié d’un efficace budget de production, lequel se constate à l’écran.

«On prend le temps de faire les choses, d’aller au bout des idées», souligne Mani Soleymanlou. «Souvent, le cliché, c’est qu’à la télévision, quand quelqu’un a un accident de voiture, on l’apprend à travers un appel téléphonique. Dans Angles morts, on voit la personne être frappée par la voiture.»

On a eu les moyens d’aller au bout de cette écriture et d’offrir une télésérie qui peut ressembler à plein de choses qu’on a vues aux États-Unis, dans son ampleur, dans sa comédie, ses scènes, sa facture visuelles assumées. Pour avoir ça, ça prend du temps, et le temps vient avec les moyens.

Mani Soleymanlou

Est-ce que le personnage de Marc ressemble à son interprète?

«J’espère!», rigole Mani Soleymanlou. «C’était important qu’il y ait un personnage auquel les gens pouvaient s’identifier, pour avoir une espèce de caution morale envers l’idée de schnoutte qu’ont les trois gars, pour que les téléspectateurs comprennent pourquoi ils font ça. Le doute est porté par mon personnage, mais aussi le réel désir d’aider ses patients et son amour pour son métier. Je pense que j’ai le même désir de faire les choses pour les bonnes raisons.»

Son autre passion

Du 19 janvier au 13 février, Mani Soleymanlou foulera les planches du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), dans la pièce Bashir Lazhar, d’Evelyne de la Chenelière, dont était inspiré le film Monsieur Lazhar, de Philippe Falardeau, sorti en 2011.  

Mani Soleymanlou est aussi directeur artistique du Centre National des Arts d’Ottawa. Un mandat qui l’occupe passablement, et qui lui permet de valoriser le théâtre francophone à travers le pays, «de Vancouver à Caraquet en passant par Montréal».

«On a une grande concentration d’œuvres québécoises, parce qu’une bonne partie du théâtre français au Canada se passe ici, au Québec. On tente d’être le plus représentatifs possible à l’échelle du théâtre franco-canadien, un théâtre fort qui survit dans des milieux minoritaires, ancré dans des communautés où la culture est mise en danger. C’est un théâtre et une langue riches. Un travail d’une grande rigueur est fait partout sur le territoire, d’un bout à l’autre du pays, incluant au Québec», dit-il.

La série Angles morts est disponible sur ICI TOU.TV EXTRA. La série a été sélectionnée en compétition officielle au 28e Festival de la Fiction à La Rochelle, en septembre.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.