Le «new rêve» de Feu la nuit

Le nouveau groupe Feu la nuit réunit Mathieu Denoncourt et Simon Quevillon, de Mille monarques, et Francis Mineau, de Malajube, deux défuntes formations de la scène indie rock montréalaise.
Le nouveau groupe Feu la nuit réunit Simon Quevillon et Mathieu Denoncourt, de Mille monarques, et Francis Mineau, de Malajube, deux défuntes formations de la scène indie rock montréalaise. Photo: Feu la nuit

Des cendres du groupe rock Mille monarques est né Feu la nuit, qui vient illuminer le ciel d’automne avec un premier mini-album homonyme vibrant au rythme de la batterie de Francis Mineau, de Malajube. Une fort jolie surprise pour les fans de ces défuntes formations de la scène indie rock montréalaise des années 2000.  

Les ex-Monarques Mathieu Denoncourt et Simon Quevillon ainsi que leur ami batteur ont embrassé leur amour commun de la new-wave des années 80 et du pop-rock rêveur pour façonner les sonorités new rêve — appellation poétique de leur cru — de Feu la nuit.   

La voix de Mathieu, parolier et claviériste, se fondant à l’étoffe musicale riche et texturée de Feu la nuit tel un instrument parmi les autres rappellera à juste titre le mythique groupe derrière l’album Trompe-l’œil, une comparaison qui ne rebutera toutefois pas le trio, qui assume pleinement ses influences, The Cure ou Tears for Fears en tête de file.  

Entre l’ombre et la lumière 

« Après Mille monarques, pour moi, c’était sûr qu’on allait refaire de quoi ensemble », affirme Simon, guitariste de Feu la nuit, en entrevue avec Métro dans un café de la promenade Masson. 

Leur nouveau projet, créé de façon entièrement indépendante, est plus lumineux que Mille monarques, dont l’unique album, paru en 2009, s’était fait sous le signe de l’adulescence, constate Mathieu, assis en face de son complice. « On était lendemain de veille en permanence », se souvient à la rigolade Simon. « Aujourd’hui, on recherche plus le confetti, la paillette », renchérit Mathieu. 

C’est d’ailleurs ce désir de laisser jaillir la lumière de l’obscurité qu’évoque leur nom, qui rejoint l’écriture de Mathieu, relève son ami : « C’est clair, net, simple, mais super poétique. » 

Leurs paroles sont inspirées des sonorités émergeant des jams, Mathieu couchant mots ou phrases sur les « feelings » qu’elles suscitent chez lui. De là découle un thème, une image, souvent liée à l’enfance, fait remarquer le Villerois. « Les seules armes nous protégeant sont nos rêves d’enfants », chante-t-il sur Enfantôme, chanson inaugurale du EP. 

L’appel du band 

L’étincelle à l’origine de Feu la nuit a certainement été le désir de Simon et Mathieu d’intégrer de nouveau un band et de remonter sur scène, ce qui leur a beaucoup manqué. 

Si, depuis Mille monarques, Simon a fait résonner sa guitare au sein de quelques projets, dont Bernhari ou Avec le soleil sortant de sa bouche, Mathieu, pour sa part, s’est consacré à l’éclairage de concerts, avouant « avoir crashé » après la fin de cette aventure.  

Prépandémie, Mathieu et Simon composaient chacun de leur côté, quand ce dernier a « donné des coups de pied dans les foufounes » de son ami, relate le claviériste, afin de créer un groupe — et non pas de ressusciter leur précédent.  

Une union résolument féconde : au fil des jams, les ébauches de chansons n’ont pas tardé à proliférer. « On a vraiment de la facilité à composer des tounes : on peut jammer et en faire une par jour », se réjouit, presque incrédule, Simon. « On a peur des fois d’aller jammer et de composer d’autres tounes, puis ne pas enregistrer celles qu’on a déjà faites! », lance le résident de la Petite-Ukraine, dans Rosemont.  

Les ébauches se multipliant, deux options leur sont apparues : soit ils continuaient à accumuler les chansons à coups de jams, soit ils s’arrêtaient afin d’enregistrer des morceaux. Puis est arrivée la pandémie, qui ne les a pas freinés, quoique… 

Malgré la chimie les unissant, créer durant la pandémie n’a pas été simple, avoue Simon. « Le band est parti de pratiques auxquelles ça ne nous tentait pratiquement pas d’aller, se remémore-t-il. C’était comme un poisson au bout d’une ligne : je me demandais si elle n’allait pas casser avant que je le ramène. »  

« Des fois, après les pratiques, je me demandais pourquoi je me forçais avec cet air bête là », décoche-t-il à son ami en riant. « Et lui se disait la même affaire! » 

Le premier mini-album homonyme de Feu la nuit

Un vrai drum  

Un élément qui a certainement changé la donne, c’est l’arrivée dans le projet de Francis Mineau en 2020. 

Si, à l’ère numérique, Simon et Mathieu auraient pu se contenter de boîtes à rythmes, ils avaient envie de s’extirper de leurs ordinateurs — eux qui produisent tout eux-mêmes — et de conférer un aspect plus organique, plus vivant à leurs chansons, indique Mathieu. Sans compter qu’un batteur leur permettrait de s’amuser avec les longueurs des chansons sur scène. 

Et c’est précisément la touche de Francis Mineau qu’ils briguaient. « Au début, il disait : “Ouais, peux-tu baisser le son de ta guitare un peu?” Astheure, il dit : “Hey, t’es pas assez fort!”, rigole Simon. Il part sur des envolées, des fois! »  

C’est aussi Francis qui, fort de son expérience auprès d’une foule d’artistes, les encadrait en mettant fin à d’interminables processus de composition, ses complices ayant tous deux la propension à retravailler une chanson à l’infini. « Un moment donné, il faut prendre une photo et dire : c’est ça. Il faut arrêter de se lancer la balle, sinon la toune change tout le temps. Francis, il est bon pour dire : “OK, c’est assez, là!” », s’esclaffe Simon. 

« Ça nous a aussi un peu réveillés, parce qu’on est motivés à jouer live », ajoute Mathieu. Ce qui ne saurait tarder, un bassiste étant sur le point de se greffer au trio.  

D’ici à ce qu’irradie sur scène le feu les habitant, leur mini-album constitue une carte de visite mettant l’eau à la bouche pour la suite… car suite il y aura! « On a des trucs en masse, assure Simon. Et entendre du feedback de gens qui trippent sur ce qu’on fait, ça nous réchauffe le cœur. »  

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