Karl Lagerfeld: l'empereur de Chanel s'ouvre
Karl Lagerfeld a 78 ans – mais il préfère dire 73 – et il est infatigable. «J’ai la chance d’avoir la possibilité de faire ce que je veux. Je n’ai aucune obligation, je n’ai pas besoin de gagner de l’argent», dit-il.
Quand nous l’avons rencontré au lancement de sa nouvelle collaboration de design avec Coca-Cola à Paris, il revenait tout juste du sud de la France, où il avait tourné une publicité mettant en scène un de ses mannequins préférés, la belle Danoise Freja Beha Erichsen. «Elle est incroyable. Elle a quelque chose que personne d’autre ne possède. Elle est vraiment la it-girl en ce moment. Avec sa voix, son attitude, son allure… elle pourrait séduire n’importe qui», a-t-il ajouté.
Ce court métrage n’est qu’un des projets de la très longue liste du designer, projets que cet équilibriste du calendrier ajoute, avec un rare aplomb, à son emploi du temps bien rempli de créateur de collections pour Chanel et Fendi. C’est le type d’agenda qui a causé de véritables dépressions à bien des designers, au nombre desquels Christophe Decarnin de chez Balmain.
Non que Karl Lagerfeld soit moindrement compatissant. «Ils n’auraient pas dû accepter le boulot dès le départ. S’ils ne peuvent pas supporter la pression, ils devraient travailler pour des petites compagnies qui ne font que deux collections par an, a-t-il dit. Ils veulent de l’argent, être vus dans des campagnes publicitaires et tout ce qui va avec, mais tout d’un coup, ils se sentent stressés. Non, non. C’est la même chose pour les footballers. Pourquoi jouer si vous ne pouvez pas gérer la pression?»
Lagerfeld, quant à lui, est l’incarnation de la sérénité avec son costume noir et blanc, ses cheveux poudrés et ses lunettes de soleil, devenus sa marque de fabrique. «Les gens s’habillent de façon débraillée de nos jours. J’aime la discipline. C’est bon pour la santé, pour les sens et pour l’intelligence.»