Consultation à Ahuntsic sur l'A19 : « On veut un boulevard urbain à la place de l'autoroute »
Le projet, tel que présenté par le ministère des Transports du Québec (MTQ), est loin de remporter l’adhésion.
C’est après une longue bataille que le BAPE a pu tenir une consultation à Montréal. Initialement, il ne devait rencontrer le public qu’à Laval.
Les demandes formulées, plus d’une fois, par les différents acteurs communautaires et des élus d’Ahuntsic ont finalement abouti.
Une centaine de personnes se sont déplacées au collège Régina Assumpta pour écouter les dix présentations de mémoires écrits et deux interventions de citoyens inscrits sur place.
La majorité des participants ont insisté sur la réduction de la pression du trafic aux abords du carrefour avenue Papineau – boulevard Henri-Bourassa.
« Nous ne sommes pas convaincus par l’étude d’impact, déclare Azeddine Achour, directeur de la table de concertation de quartier Solidarité Ahuntsic. On ne pense pas qu’il y’aura moins de véhicules qui se déverseront dans le quartier. »
Lorraine Pagé, conseillère du Sault-au-Recollet, qui parlait au nom de son parti Vrai changement pour Montréal, a fait rire l’assistance en soulignant que « le MTQ nous dit que nous sommes le seul pays au monde qui a une autoroute qui n’apporte pas d’autos. »
Elle plaide pour la réalisation d’un boulevard urbain. Elle considère cette dernière comme inconcevable dès lors qu’elle aboutit dans un quartier résidentiel.
Pour Émilie Thuillier, conseillère d’Ahuntsic qui était dans la salle en tant qu’élue de Projet Montréal, le parachèvement tel que présenté est un modèle dépassé.
Elle soutient également qu’un boulevard urbain avec une forte densité de transport en commun est la meilleure solution.
Sinon, « c’est une très mauvaise utilisation des fonds publics et c’est néfaste pour l’environnement. »
Sécurité et qualité de vie
La grande partie des intervenants ont mis de l’avant les problèmes de circulation de transit que vivent actuellement les riverains du carrefour avenue Papineau – boulevard Henri-Bourassa.
Yves Martin, citoyen du quartier et membre du conseil d’établissement de l’école de la Visitation, a ému l’assistance lorsqu’il a évoqué les problèmes que rencontrent les enfants pour traverser les deux artères qui se croisent.
« La sécurité des enfants est un souci constant, a-t-il souligné. Les voies sont très larges et les temps de passage sont trop courts. »
La présentation qui a captivé l’attention de l’assistance est sans nul doute celle des représentants de la direction de la santé de l’Agence de santé et de services sociaux de Montréal.
Louis Drouin et Patrick Massé ont mis en évidence les problèmes de santé induits par les distances trop longues à parcourir.
Les gens qui résident dans des territoires où le transport en commun est efficace et où les services sont à proximité marchent plus que ceux qui vivent en banlieue.
Par ailleurs, plus on roule longtemps, plus le risque d’accident est élevé.
« Les transports en commun réduisent de vingt fois les risques de décès », affirme M. Massé.
Les déclarations des deux représentants de l’agence de santé s’appuient sur des recherches menées avec l’Université de Montréal, l’Université Mc Gill et l’Université du Québec à Montréal.
Les intervenants plaident pour un boulevard urbain avec des intersections plan (sans échangeurs), un mode plus sécuritaire que l’autoroute. Ils déplorent également que l’on n’ait pas évalué de la même manière les inconvénients d’une voie rapide à six voies et ceux des autres scénarios proposés, c’est-à-dire diverses formes de boulevards urbains, rejetés pour des questions de sécurité ou de complexité d’utilisation.
Le rapport du BAPE sur le parachèvement de l’autoroute 19 sera remis à David Heurtel, ministre de l’Environnement, au plus tard le 14 janvier. Il devrait rendre le document public dans un délai de 60 jours.
La décision d’aller de l’avant dans le projet ou de le rejeter demeure entre les mains du conseil des ministres.