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Tintin s’invite au centre culturel Henri-Lemieux

Tintin s’invite au centre culturel Henri-Lemieux
Photo: Gracieuseté

Des œuvres de Tintin revisitées et déployées sous forme d’installation vidéo dans une galerie laSalloise, c’est ce que propose l’illustrateur et cinéaste d’animation Patrick Doyon. Son exposition GRRR, (Georges Rémi, Relu & Remixé) est un assemblement de détails graphiques recueillis dans 23 albums du célèbre dessinateur belge qui signe sous le pseudonyme Hergé.

Le Messager LaSalle: D’où est venue l’idée de créer un projet relié à l’univers de Tintin?
Patrick Doyon: Cela faisait un certain moment que je voulais créer un projet d’animation dont le point de départ était serait une bande dessinée existante. La forme était encore à définir, mais l’idée de confronter la bande dessinée et le dessin animé par le truchement d’une caractéristique commune, la répétition, me plaisait suffisamment pour vouloir l’explorer un peu plus. Le choix des albums de Tintin est rapidement apparu logique puisqu’ils ont la particularité assez unique d’avoir été redessinés, de sorte que l’uniformité de la ligne au fil de l’œuvre aide à créer des boucles d’animation cohérentes. En ce sens, le fonctionnement du Studio Hergé n’était pas différent de celui d’un studio d’animation, où chaque employé avait un travail spécifique à accomplir.

M.L: Comment avez-vous réinterprété ces œuvres?
P.D: Les trois œuvres de l’installation GRRR, dont le titre fait aussi référence au grognement de Milou, font écho à une violence sous-jacente présente tout au long des 22 albums du célèbre journaliste. On ne s’en rend pas nécessairement compte au premier abord, mais beaucoup de la résolution des intrigues passe par un bon coup de poing asséné sur le museau. «Les étoiles mystérieuses» reprend en boucle, dans un même canevas, chacun des petites étoiles des albums, ce symbole graphique associé à la douleur, à l’exclusion de Tintin chez les Soviets. La seconde projection «Pan! Pan!», reprend dans un format panoramique les armes de poing répertoriées dans l’œuvre et placées dans un effet miroir pour simuler la confrontation. Enfin, la troisième œuvre est une projection volontairement hors-focus du symbole spiroïdal qui apparaît généralement au-dessus d’un personnage assommé.

M.L: Quel est l’objectif de l’installation?
P.D: Outre le fait que je voulais apporter un regard différent à une œuvre internationalement connue, l’installation se veut être une tentative pour confronter dans le même espace les caractéristiques de deux médias bien différents, la bande dessinée et l’animation. Les deux sont régulièrement confondus par le public et les médias non-initiés. Ça me brusque un peu chaque fois quand ces termes ne sont pas utilisés à bon escient.

M.L: L’œuvre a-t-elle évolué depuis sa création en 2017?
P.D: L’installation est la même que celle qui a été présentée en 2017 à Québec. Je suis encore fier de cette première incursion en galerie. L’expo s’est promenée un peu, en plus d’avoir été sélectionnée dans un concours international d’art contemporain en 2018, le Arte Laguna Prise. Cela m’a permis de m’approcher différemment de l’œuvre de Hergé en m’attardant plus longuement sur certains détails graphiques qui font partie de l’univers hergéen et des codes du neuvième art, mais qui passent généralement sous le radar du lecteur.

M.L: Quels sont vos projets pour 2019?
P.D: Pour la première fois ce printemps, je donnerai une série d’ateliers dans une école primaire de Montréal, La Mennais. Ce sera une résidence de création, en collaboration avec Communication Jeunesse, pendant laquelle je proposerai aux enfants un projet d’illustration relié à l’architecture. Le projet final qui sortira de ce laboratoire est encore à définir, mais d’interagir avec les enfants et d’aborder la création différemment, de façon plus intuitive, sera certainement enrichissant.

Patrick Doyon
Originaire du Lac St-Jean, Patrick Doyon réside à Montréal depuis plus de 15 ans. Il est titulaire d’un baccalauréat en design graphique de l’École de Design de l’UQAM.En 2011, il a réalisé et scénarisé son premier film, Dimanche, qui a été nommé pour l’Oscar du meilleur animé court en 2012 et qui a remporté un Jutra la même année.
Son premier livre illustré, Le Voleur de Sandwichs a remporté le Prix littéraire du Gouverneur général et le Prix des Incorruptibles en France, en plus d’être finaliste pour le Prix TD de la littérature pour l’enfance.
Au printemps 2017, Patrick Doyon a présenté sa première installation vidéo intitulée GRRR (Georges Rémi, Relu & Remixé) à la galerie La Bande Vidéo à Québec.

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