Riopelle, l’artiste et son atelier
« Il faut arrêter de voir l’argent associé aux œuvres de Jean-Paul. Oui, certaines valent des millions, mais c’est le travail en arrière de toute cette réussite qu’il faut montrer aux gens. C’est ce que j’ai voulu pour cette exposition », explique Huguette Vachon, dernière compagne dans la vie du célèbre peintre.
C’est à la suite d’une demande d’Alain Simard, le président fondateur du Festival de Jazz de Montréal que D’aile en ailes l’élan vital a pris forme. Cette exposition regroupera plus de 50 œuvres de Jean-Paul Riopelle : 27 estampes, 3 sculptures en bronze, des photos de l’artiste, de nombreux objets de son quotidien de peintre et, surtout, plus d’une vingtaine d’œuvres sur papier.
« Jean-Paul et Alain ont une amitié qui remonte à quelques années déjà et quand il m’a rappelé pour monter une exposition dans cette nouvelle salle, une exposition qui démontrerait le travail derrière l’artiste, j’ai rapidement accepté. C’était une belle occasion de faire connaître non pas le Riopelle charismatique, mais plutôt le Riopelle travailleur, celui qui passait des heures dans son atelier à confectionner des dessins. Je suis très heureuse de pouvoir montrer ce côté aux amateurs qui viendront à cette galerie, qui, par ailleurs, est très intéressante.
« Je ne connaissais pas du tout cet endroit avant d’y mettre les pieds, poursuit Mme Vachon. C’est vraiment unique. On est loin des autres galeries, souvent guindées et hautaines. Ici, c’est jeune, cool et accessible. Je sais que cela permettra à des gens qui ne fréquentent pas habituellement les galeries de venir ici et de voir et apprécier le travail de Jean-Paul. »
C’est chez les plus jeunes, les étudiants notamment, que la dernière compagne de l’artiste entend le plus souvent le nom « Riopelle ».
« Il semble y avoir un intérêt chez eux pour ce qu’a fait Jean-Paul. Pour son œuvre, oui, mais aussi pour son travail et sa démarche. C’est intéressant parce que cela veut dire qu’il y a des artistes en devenir qui veulent s’inspirer de ses techniques de travail pour en apprendre davantage et pousser leur propre expérience. On semble avoir passé l’étape où on étudiait Riopelle comme on étudierait Molière, soit par simple nécessité historique. »
– « D’aile en ailes l’élan vital », du 13 octobre au 24 décembre, à la Galerie Lounge TD, 305, rue Sainte-Catherine Ouest, 2e étage.