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Le Brésil s’invite chez vous !

L’auteur-compositeur-interprète Tomas Jensen vient de lancer Face A Face B , un 8e opus à la fois acoustique et électro, où modernité et rythmes traditionnels brésiliens flirtent copieusement. Un tout dernier projet solo qu’il a conçu dans son appartement du Plateau-Mont-Royal. Rencontre avec un créateur qui carbure à l’exploration.

Né en Argentine, le résident du Plateau a grandi en France, avant de faire un saut de six mois à Montréal… il y a 13 ans! « Je suis arrivé un mercredi. Deux jours plus tard, le vendredi, je donnais déjà mon premier show », se souvient le musicien début quarantaine. Les nombreuses occasions de se produire sur scène l’ont convaincu de s’installer dans la métropole. Depuis, on l’a entendu au sein du groupe dansant et impertinent Les Faux-Monnayeurs ou encore avec la formation rock-latino Hombre.

Avant de lancer un disque de compositions originales qui sortira à l’automne 2012, Jensen voulait concocter un album expérimental en hommage à la musique brésilienne, un genre que l’artiste – qui a vécu deux ans au Brésil lorsqu’il était enfant – affectionne particulièrement. Il s’est donc doté d’un micro top qualité et a tout enregistré dans son antre du Plateau : voix, guitare, clavier, percussions, mixage, etc.

Au départ, le chanteur avait identifié plusieurs chansons brésiliennes – autant des reprises que des compositions originales – susceptibles d’être intégrées à l’album. Ce devait être un disque entièrement acoustique, à l’image des rythmes brésiliens traditionnels. Puis, un ami est passé chez lui et a chamboulé les plans. « Il a ajouté un beat électro sur les chansons. Ça m’a donné l’idée de faire un album moitié acoustique, moitié électro », lance Tomas Jensen. L’idée de faire entendre au public la version originale et modernisée d’une même chanson l’a charmé. « J’ai vu ça comme un jeu », rigole-t-il.

Hommage à Caetano Veloso

Les chansons sur lesquelles le beat électro se mariait le mieux étaient celles de Caetano Veloso, figure marquante du paysage musical brésilien depuis les années 1960. Sur Face A Face B , Jensen interprète donc sept chansons de Veloso en version acoustique, puis remixe ces mêmes mélodies en les projetant dans un univers électronique. D’où le titre de l’album qui suggère un effet miroir.

« Avec Brassens et les Beatles, Caetano Veloso est le chanteur que je connais le mieux. Ses paroles à la fois surréalistes et humoristiques sont incroyables », dit-il, soutenant du même souffle être guidé par la démarche artistique du maître du tropicalisme. « J’adore la façon qu’il a de mélanger les extrêmes, la tradition brésilienne et le modernisme. Ses chansons sont libres. Il évolue sans arrêt et tente toujours de faire tomber les barrières. »

De l’aveu du chanteur, cet album, paru le 28 février, distille un son à la fois expérimental, lounge et easy listening. « Je suis content du résultat. La partie acoustique sonne plus roots et ça a son charme », lance-t-il.

A-t-il peur de choquer certaines oreilles plus conservatrices qui verraient d’un mauvais œil une reprise modernisée de mélodies brésiliennes traditionnelles ? « Peut-être. Mais je n’ai pas fait ça pour choquer. Et, quelque part, je suis en phase avec l’esprit de Caetano Veloso. Il a toujours été provocateur ! », estime Jensen, qui a l’intention d’envoyer quelques copies à celui qui l’inspire depuis sa tendre enfance. « On va voir s’il les reçoit et les écoute! ».

En attendant, il planche sur un album de compositions originales qu’il compte lancer à l’automne 2012 et sur lequel il chantera en français. « Ce sera un disque minimaliste de chansons à texte à tendance rock n’roll, un peu à la Noir Désir », illustre-t-il.

Tomas Jensen donnera un spectacle le 28 mars à l’Upstairs (1254, rue MacKay). Informations : www.tomasjensen.com

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