Mercier & Anjou

La gestion des croque-bouffe donne du fil à retordre à son créateur

Le croque-bouffe dans Hochelaga, à l’intersection de l’avenue Bourbonnière et de la rue Ontario, a été vandalisé à plusieurs reprises depuis son installation. Photo: Jason Paré, Métro

Faisant face à des problèmes de vandalisme et à des commentaires négatifs, l’initiateur des croque-bouffe dans l’Est de Montréal met un frein au projet. Tandis que le coût du panier d’épicerie monte en flèche, ces boîtes communautaires permettent à la population d’un quartier d’échanger de la nourriture.

Mael ne réparera donc plus les croque-bouffe endommagés et ne prévoit pas en installer de nouveaux pour l’instant.

«Au courant de l’hiver, dans les six derniers mois, j’ai été obligé de changer la porte du croque-bouffe de Pointe-aux-Trembles à trois reprises», explique l’instigateur du projet, ajoutant que le coût de remplacement des portes s’élève à 30$ chacune. «Et là, je viens d’apprendre qu’elle a été encore brisée.»

En plus de Pointe-aux-Trembles, deux autres croque-bouffe se trouvent respectivement dans Tétreaultville et dans Hochelaga, ce dernier étant le plus abîmé du lot.

Pour ce qui est de Tétreaultville, le croque-bouffe n’a pas été endommagé, mais semble avoir été victime de son succès. Les gens du quartier publient constamment sur les réseaux sociaux la nourriture qu’ils partagent, ce qui fait, selon Mael, que ce sont toujours les mêmes personnes qui ramassent l’entièreté des denrées disponibles.

«Il y a même de ces personnes qui ont essayé de revendre la nourriture, raconte Mael. Je trouve ça un peu décevant, parce qu’au bout du compte, les personnes qui sont réellement dans le besoin n’ont pas accès à ces denrées.»

L’autre point d’achoppement, ce sont les nombreux commentaires négatifs reçus. Mael évoque entre autres des personnes lui disant qu’il serait préférable de faire des dons aux organismes communautaires.

Pourtant, lorsque Métro avait parlé avec Mael en janvier dernier, celui-ci envisageait de fabriquer d’autres garde-manger, mais de plus grande taille, et même de lancer un site Web.

Actuellement, je n’ai pas l’énergie ni l’argent pour soutenir des réparations régulières de ces trois croque-bouffe, alors imaginez s’il y en avait plus.

Mael, instigateur des croque-bouffe dans l’Est de Montréal

Puisqu’ils sont populaires, Mael n’a pas l’intention de retirer les croque-bouffe de Tétreaultville et de Pointe-aux-Trembles. Il se dit même prêt à en fabriquer d’autres, tant et aussi longtemps que quelqu’un s’occupe de l’entretien et des réparations. Pour Hochelaga, le croque-bouffe sera retiré et peut-être installé ailleurs.

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