MHM: près de 1300 frênes abattus en cinq ans
L’année 2015 n’en a pas été une de tout repos pour les frênes de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve (MHM). L’arrondissement a dû abattre 924 nouveaux frênes portant ce nombre à 1271 sur son territoire depuis la découverte de l’insecte en juillet 2011.
Dans MHM, le bilan dressé ce 5 avril par le maire Réal Ménard, responsable du développement durable, de l’environnement, des grands parcs et des espaces verts au comité exécutif, est plus sombre que celui fait en juillet 2015 lors d’une entrevue avec TC Media.
À cette époque, on prévoyait couper 700 arbres dans l’arrondissement de MHM, plutôt que les 924 coupes réalisées, soit un écart de plus de 200 arbres .
De plus, toujours à cette période, l’arrondissement devait traiter 2300 arbres au TreeAzin pour lutter contre l’insecte de l’agrile. Dans les faits, 3101 ont été injectés, ce qui représente une différence de 800 arbres.
Au chapitre de la plantation d’arbres, les différences sont aussi marquantes. Sur les 1900 arbres qui devaient être replantés dans l’arrondissement, avec l’aide des partenaires publics et privés, seulement 918 ont été plantés en 2015.
Malgré tout, le maire Ménard demeure optimiste. Les données de la campagne de dépistage de l’automne 2015 font état de 83 nouveaux frênes positifs et de 168 à abattre pour 2016 (ce nombre inclut les 83 arbres positifs) dans son arrondissement. Des chiffres en baisse par rapport à l’exercice précédent.
«Je ne crois pas que nous serons encore dans le même ordre de grandeur pour ce qui est des frênes à abattre en 2016. Les données du printemps 2016 seront connues en juin, mais nous serons loin des 900 frênes à couper. Notre stratégie porte ses fruits», estime-t-il.
Une menace toujours présente
Le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal) salue l’augmentation du budget alloué à la lutte contre l’agrile du frêne et la plantation d’arbres, qui atteindra 18 M$ en 2016.
L’organisme reste tout de même préoccupé par les impacts dévastateurs de l’agrile du frêne.
«Il faut poursuivre les efforts de sensibilisation et d’accompagnement des propriétaires privés pour ralentir les impacts négatifs de l’insecte et limiter les pertes pour la canopée. Un arbre mature n’a pas le même effet qu’un jeune arbre au niveau de la canopée et de la lutte aux îlots de chaleur urbains», souligne Emmanuel Rondia, responsible des campagnes espaces verts et milieux naturels au CRE-Montréal.
M. Ménard a d’ailleurs rappelé que les propriétaires privés sont dans l’obligation de traiter les frênes se situant sur leur demeure, sous peine de sanction.
Une perte de contrôle
«On est dans une situation de perte de contrôle», a déploré le porte-parole de Projet Montréal en matière d’environnement, Sylvain Ouellet.
Le conseiller municipal affirme que l’administration Coderre devrait «planter deux arbres pour un arbre abattu» si elle désire augmenter de 20 à 25% la végétation de la ville d’ici 2025, comme le prévoit le Plan d’action canopée.
M. Ouellet croit aussi qu’il y a beaucoup plus d’arbres affectés que ce que prétend la Ville et considère que la situation est loin d’être «sous contrôle».
«On a eu certains arrondissements qui n’ont pas fait de dépistage en 2013, alors on ne savait pas que l’agrile était présente», a précisé M. Rondia.
«Un manque de vision» qui explique selon lui pourquoi certains arrondissements verront le nombre d’abattages d’arbres sur leur territoire bondir cette année.
(En collaboration avec Zacharie Goudreault)
| Arrondissement | Nombre de frênes positifs (automne 2014) | Prescription d’abattage 2015 (le total inclut les arbres positifs | Nombre de frênes total traités en 2015 | Plantation 2015 | Nombre de frênes positifs (automne 2015) | Prescription d’abattage 2016 (données printemps 2016 à venir) |
| Anjou | 21 | 330 | 291 | 821 | 22 | 177 |
| Mercier – Hochelaga-Maisonneuve | 118 | 924 | 3101 | 918 | 83 | 168 |