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Possible de concilier travail et études?

Étudier les mathématiques le matin, terminer ses devoirs le midi, faire un examen de français l’après-midi. Et à travers tout cela, préparer des hamburgers ou vendre des abonnements annuels dans un centre de conditionnement physique. Est-il possible de concilier un tel horaire lorsqu’on a 15 ans? Le projet Équi T-É favorise précisément la réussite pédagogique chez les jeunes qui ont un emploi rémunéré pendant leurs études.

Le programme Équi T-É a été mis sur pied, il y a un an et demi, par l’entremise des commissions scolaires Marguerite-Bourgeoys et Lester-B. Pearso,n ainsi que des carrefours jeunesse-emploi LaSalle, Marquette, Ouest-de-l’île, Saint-Laurent et Verdun. Vendredi dernier, l’équipe du projet a procédé à la remise de ses prix honorifiques destinés aux entreprises sensibilisées aux enjeux de la conciliation travail-études. Le prix de l’employeur de l’année dans l’Ouest-de-l’île a été décerné aux restaurants McDonald’s, bureau régional de Montréal. 

Travailler sans échouer

Selon Yves Picard, directeur des carrefours jeunesse-emploi Ouest-de-l’île et Marquette, il existe une corrélation entre les mauvais résultats académiques et un surmenage dû au travail extérieur. «Un jeune qui travaille trop ou plus de 20 heures par semaine verra statistiquement ses notes baisser, et un jeune qui fait beaucoup de quarts de travail le soir verra aussi ses notes baisser», a-t-il expliqué lors de la remise des prix. «Équi T-É veut mobiliser les employeurs de la région pour qu’ils se disent qu’eux aussi sont capables de faire un effort. » Les entreprises certifiées affichent donc l’horaire scolaire dans leurs bureaux afin d’être conscientes que les étudiants ont des périodes d’examens. Elles doivent s’engager à respecter les moments d’études de leurs employés.

L’équipe du projet Équi T-É a sondé plus de 2400 élèves du secondaire et environ 40% d’entre eux travaillent durant leurs études. Dans le cas de certaines écoles, ce chiffre monte à 55%. «Il y a des jeunes dans nos institutions scolaires qui ont besoin de notre support pour les accompagner», ajoute M. Picard. Selon les statistiques du ministère de l’Éducation, des Loisirs et des sports du Québec (MELS), seulement 58,8% des jeunes Québécois obtiennent leur diplôme d’études secondaires dans les délais prescrits. «C’est tous les jours qu’un jeune a besoin d’encouragement, ce n’est pas seulement pendant une semaine au mois de février qu’il faut faire cela», poursuit-il.

Présentement, le débat sur la hausse des frais de scolarité et sur la capacité des étudiants universitaires à travailler plus de vingt heures par semaine fait rage. Le projet Équi T-É veut intégrer de bonnes habitudes de vie tôt dans le développement des jeunes. «Le projet est le meilleur moyen de préparer les étudiants pour l’avenir», conclut M. Picard.    

Le Projet Équi T-É

Près de 300 entreprises possèdent une certification Projet Équi T-É sur l’île de Montréal. Plus de la moitié représentent des employeurs qui engagent des jeunes, alors que l’autre moitié est considérée comme entreprises sympathisantes à la cause. Elles n’engagent donc pas d’employés-élèves, mais démontrent leur soutien aux activités du programme. On retrouve une trentaine d’employeurs certifiés dans l’Ouest-de-l’île.

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