Deux héros de l'Ouest-de-l'Île
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C’était le 5 novembre dernier, dans un immeuble à logements de Pointe-Claire. Cette nuit-là, la fumée de l’incendie était dense et les flammes léchaient rageusement les fenêtres du troisième étage lorsque deux jeunes hommes sont rentrés dans le bâtiment, pour répondre au secours d’une mère qui criait à l’aide, prisonnière de son balcon.
Andrei Odorico et Giancarlo Torino y sont allés une première fois, et ont trouvé le fils cadet de la femme dans le corridor, et l’ont descendu à l’abri. Puis, ils y sont retournés, et ont extirpé un homme en fauteuil roulant. Ils y sont allés une troisième fois, mais c’était trop tard pour sauver Carolin Boghosian, et son fils aîné, Razmig Soukiassian. Le brasier avait fait son œuvre, et les lieux étaient impraticables.
Mercredi dernier à l’hôtel de ville de Pointe-Claire, Andrei Odorico, 20 ans, et Giancarlo Torino, 19 ans, ont reçu le prix du Bon Samaritain du mois. Ce prix est donné par Jeunesse au Soleil aux gens qui font plus que leur devoir de citoyen. L’hôtel de ville est situé sur le boulevard Saint-Jean, tout près des lieux de la tragédie. «Lorsque j’ai entendu parler d’Andrei et Giancarlo, j’ai été très touchée par l’évènement. J’ai contacté le commandant du poste de quartier 5 M.Dea, parce que je trouvais important de souligner leur bravoure. C’est un événement triste, mais ils ont tout de même sauvé deux vies», a expliqué Marie-José Raposo, de Jeunesse au Soleil, lors de la cérémonie. Les policiers ont profité pour souligner la qualité du service de M. Cauchon, qui s’occupe de la sécurité publique à Pointe-Claire.
«Les gens me disent que j’ai risqué ma vie. La vérité, c’est qu’on ne pense pas à cela lorsque ça arrive. C’est juste un instinct humain. Quelqu’un appelle à l’aide et il faut y aller», a expliqué Andrei Odorico. «Probablement que tout le monde agirait comme cela, c’est juste que ça n’arrive pas tous les jours», a affirmé plus tard Giancarlo Torino.
Les deux amis gardent contact avec le garçon qu’ils ont sauvé des flammes et le beau-père de celui-ci. Andrei Odorico a déménagé près de la gare de train. Lorsque l’incendie a ravagé l’immeuble, cela faisait six jours que le jeune homme habitait l’endroit.
Pour le moment, les policiers croient toujours que le feu était accidentel, a confirmé le commandant du poste de quartier 5 Martin Dea. L’hypothèse veut qu’une des victimes ait allumé le feu par mégarde.
Chose certaine, l’immeuble est une perte totale. L’incendie du 5 novembre a nécessité une 5e alerte pour les pompiers du service de sécurité incendie de Montréal. Le sergent du poste de quartier 5 Martin Bigras était en service cette nuit-là. Les pompiers leur avaient demandé de bloquer la circulation sur le boulevard Saint-Jean. «Le poste est situé tout près. On était perdus dans la fumée et on pouvait apercevoir les flammes juste ici, à la sortie du stationnement.»