Un vent de changement au CSSS de l’Ouest-de-l’île
Audrey Leduc-Brodeur
Le nouveau directeur général par intérim a fait une entrée pour le moins remarquée le mois passé au CSSS de l’Ouest-de-l’île. Henri Elbaz prend la place de Suzanne Turmel, qui occupait ce poste depuis la réunion, en 2006, de l’hôpital et des CLSC de la région en un seul organisme. Mme Turmel a signifié qu’elle désirait prendre une période de repos et de réflexion quant à son avenir.
M. Elbaz ne veut rien de moins que de placer le CSSS de l’Ouest-de-l’île parmi les meilleurs à Montréal. Il espère pouvoir rapatrier la population de la région qui préfère être soignée ailleurs, principalement en raison des débordements à l’urgence. Il aimerait augmenter par la suite le nombre de civières fonctionnelles à l’hôpital en tenant compte de ce rapatriement.
Une nouvelle urgence
Lors du dernier conseil d’administration, M. Elbaz a fait savoir qu’il avait déjà rencontré le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS), Yves Bolduc. Le directeur tient particulièrement à concrétiser le plan d’agrandissement de l’urgence, la troisième plus achalandée à Montréal. «Elle doit répondre davantage aux besoins de notre population», a-t-il expliqué. «L’idée fait son chemin que l’avenir de notre urgence passe par une urgence complètement nouvelle. La meilleure solution est d’abandonner l’endroit actuel et faire cela sur un site nouveau.» M. Bolduc a donné son aval pour la réalisation d’un budget préliminaire pour cet agrandissement.
Bien qu’il désire accroître la superficie de l’Hôpital général du Lakeshore, M. Elbaz a cependant reconnu que l’architecture circulaire de l’édifice pose problème. « Si les architectes voulaient un établissement qui ne respire pas et qui ne propose pas beaucoup d’options d’agrandissement, ils ont réussi», a-t-il déclaré. «On ne construit tout simplement pas une rotonde dans un hôpital.» La rotonde engendre son lot de difficultés notamment au projet de modernisation de l’aile psychiatrique, qui ne répond pas aux normes du MSSS. La partie circulaire empêcherait les médecins de bien voir tous les patients.
Motivés par son arrivée
En plus des problèmes d’espace, le nouveau directeur général a également relevé un retard important au niveau informatique au CSSS. «Il y a des projets qui se font actuellement aux niveaux provinciaux et nationaux et ici, nous n’avons même pas signifié que nous étions intéressés à participer à ces projets.» M. Elbaz a fait savoir au MSSS qu’il «embarquait immédiatement» dans le projet de dossiers médicaux électroniques.
Après la réunion de lundi dernier, certains membres du conseil d’administration étaient enthousiastes face à l’arrivée d’Henri Elbaz. «Il veut des résultats concrets et il les veut rapidement», a déclaré Marc Brunet. «Je suis sur le conseil d’administration depuis plusieurs années et je n’ai jamais vu quelqu’un avec autant de motivation au CSSS», a pour sa part dit Christiane Léonard, responsable des services sages-femmes de la maison de naissance de Pointe-Claire.
M. Elbaz a occupé les fonctions de directeur général à l’Hôpital général juif pendant près de 16 ans. Sous sa gouverne, l’hôpital a ajouté huit étages qui logent, depuis 2006, le centre du cancer Segal. Il a également tenu le poste de directeur de la recherche, des statistiques et des relations publiques à la Bourse de Montréal.