Consultations publiques sur les antennes de télécommunication
Venus exposer leurs recommandations aux trois commissaires de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), la plupart des participants avaient deux craintes : que les antennes enlaidissent le paysage et qu’elles nuisent à la santé.
« Oui, il y a réellement un problème de prolifération des antennes en milieu urbain, a affirmé Sébastien Otis, adjoint de la députée fédérale de la Pointe-de-l’Île Ève Péclet. Dans tous les cas, une antenne s’intègre plus ou moins bien avec le bâti urbain. »
Mme Péclet et lui ont déposé le premier mémoire de la soirée. Ils croient que la Ville ne doit pas laisser les « joueurs de l’industrie » évaluer l’impact des antennes sur l’urbanisme.
Un impact qui, selon eux, peut se refléter par la dévaluation des propriétés environnantes. Certains secteurs seraient aussi sujets à une très grande prolifération des antennes, comme l’est de la Ville, plus industrialisé.
D’autres participants ont aussi évoqué ce problème, mais la plupart ont axé leurs préoccupations sur l’impact négatif sur la santé que pourraient avoir ces antennes.
Si on sait que de faibles émissions ne sont pas nécessairement nuisibles pour la santé, on ne connaît toutefois pas leur impact à long terme, a soulevé Thierry Leguay, un citoyen de Pointe-aux-Trembles.
Celui-ci appuie donc ouvertement le projet de règlementation de la Ville, qui propose d’éviter d’implanter des antennes dans des zones sensibles tout près des résidences, des garderies, des écoles, des hôpitaux ou des parcs. Les secteurs autoroutiers seraient donc naturellement priorisés.
Rappelons que ce projet propose également de faire en sorte que toute antenne sur le domaine public et toute antenne de 10 m ou plus sur le domaine privé fasse l’objet de consultations publiques avant d’être installées.
Brigitte Blais, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), veut que la Ville inscrive dans ce règlement le principe de précaution. Montréal aurait donc son mot à dire sur la puissance et l’orientation géophysique des émissions des antennes.
Il faut tenir compte de la puissance accumulée plutôt que la puissance individuelle, a-t-elle tenu à rappeler. Les citoyens, qui sont souvent les premiers à constater l’installation d’une nouvelle antenne, devraient donc bénéficier d’un tel règlement.
« Il ne faut pas cacher les antennes. Les gens doivent savoir où elles sont », a-t-elle ajouté. Pour les aider à les repérer, Mme Blais suggère de cartographier les territoires recouverts d’antennes.
Enfin, Olivier Bourgeois, représentant de l’organisme à but non lucratif Option consommateurs, a rappelé qu’il n’existe pas de consensus sur l’impact réel qu’ont les antennes sur la santé humaine. Tout de même, lors de la séance d’information tenue le 28 septembre au même endroit, des spécialistes avaient notamment cité des recherches de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirmant que les ondes ne sont pas dangereuses pour les humains.
Maxime Poirier-Moisan, un jeune représentant de l’entreprise de télécommunication DASCOM, est quant à lui venu défendre les activités de ses patrons. Il a affirmé que les petites antennes, qui sont plus facilement dissimulables, s’harmonisent bien avec le mobilier urbain. Plus nombreuses, elles ont aussi l’avantage d’être moins dommageables pour la santé, étant donné que leurs émissions sont moins puissantes.
Pieds et poings liés?
Certains intervenants sont allés au-delà des problèmes inhérents aux antennes et ont rappelé aux commissaires que c’est Industrie Canada qui détient réellement les rênes du pouvoir.
Or, Industrie Canada n’applique pas le principe des consultations publiques. Montréal est aussi moins outillée pour répondre aux préoccupations des gens.
« Est-ce que les équipes d’arrondissement sont suffisamment outillées pour répondre aux questions des citoyens? », s’est interrogée la conseillère d’arrondissement Caroline Bourgeois, qui s’occupe du dossier depuis un an et qui a participé au comité d’élaboration du règlement.
Le représentant d’Option consommateurs a quant à lui dit souhaiter une meilleure « homogénéisation » entre les règlements des différents paliers de gouvernement.
Les commissaires devraient répondre à ces questions dans un rapport devant paraître à la mi-décembre.