Chantal Rouleau salue les modifications apportées à la commission d’enquête
Le 19 octobre, le premier ministre annonçait qu’il ordonnait une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction et sur le processus d’octroi des contrats publics. Cette proposition, décrite comme « émasculée » par certains médias, « manquait de dents » selon Mme Rouleau.
Or, maintenant que la juge France Charbonneau peut choisir de se mettre sous la Loi sur les commissions d’enquête et ainsi contraindre certaines personnes à venir témoigner, Mme Rouleau se demande si cette dernière empruntera cette voie.
« On y arrive, mais ça semble très laborieux parce qu’on donne le choix à la juge de contraindre ou pas, et d’être encadré par les lois des enquêtes publiques. Sinon, ça demeure un décret, juge-t-elle.
« Il faudrait vérifier la pertinence juridique du décret actuel. On y arrive, mais c’est extrêmement laborieux. Mais on y arrive. »
Elle affirme aussi que tant que la juge n’aura pas dévoilé ses intentions, la population demeure dans le flou.
« Il dit que ça sera à la juge de déterminer quels outils elle a besoin pour faire son enquête et c’est grosso modo ce qu’on comprend.
« En fait elle n’a rien dit jusqu’à maintenant. Alors on ne sait pas. On a hâte de savoir qu’est-ce qu’elle va décider de faire. »
Elle ignore également si M. Charest, qui a fait sa plus récente annonce lors du 31e Congrès du Parti libéral du Québec le 23 octobre, modifiera à nouveau les paramètres de la commission. « Je ne le sais pas où il va aller, je ne sais pas qu’est-ce qu’il va faire, dit-elle. Ça semble être extrêmement laborieux. C’est ce qu’on voit. »
Elle s’explique aussi difficilement cette volte-face autrement qu’à cause des nombreuses critiques qu’il a reçues depuis le 19 octobre. « Le bâtonnier du Québec qui représente tous les avocats du Québec a dit que ce n’était pas une commission d’enquête. Sans le pouvoir de contrainte, la juge ne pouvait opérer. Alors je pense que ç’a fait pencher la balance un peu. »
La mairesse demeure tout de même confiante : sa sortie contre le processus d’octroi publique le 29 septembre sur les ondes de Radio-Canada ne devrait pas rester lettre morte.
« On verra. Tout se fait à la pièce depuis le début, confie-t-elle. Tout le monde dit qu’il faut faire confiance et moi je suis de nature confiante, je ne sais pas ce qu’on peut faire de plus. C’est la juge qui va décider. »
Questionnée à savoir si le premier ministre l’avait appelé depuis qu’elle lui a fait parvenir une lettre le 7 octobre, Mme Rouleau reste stoïque. « S’il veut m’appeler, je serai honorée de son appel », déclare-t-elle avant de clore l’entretien.