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La pluie fait-elle fondre la glace?

Qu’on la prenne molle ou dure, à la vanille ou au chocolat, dans un cornet gaufré ou dans une coupe, la crème glacée demeure un incontournable de l’été au Québec. Pourtant, sa consommation est en baisse dans le pays. Pour certains propriétaires de crèmerie, la température est une des causes potentielles.

D’ores et déjà, la crème glacée est de moins en moins populaires. Selon Statistique Canada, un Canadien consommait en moyenne un demi-litre de crème glacée en 2012. C’est moins qu’en 2008, où l’on en consommait le double, et encore moins qu’en 2004 où ce chiffre tournait autour d’un litre et demi par habitant. De plus, la pluie, les nuages et puis maintenant le smog n’améliorent pas la situation.

Un été à l’eau?

David Bureau est copropriétaire de la toute nouvelle crèmerie L’Armoire à glaces (6220 rue St-Hubert, Montréal). Bien que jeune — à peine un an — cette « halte gourmande » offre une panoplie de choix très populaires, comme la crème glacée à la pistache et le sorbet à la noix de coco et à l’ananas. Il observe toutefois une diminution du nombre de clients comparativement à l’année dernière.

« C’est sûr que la température a eu un effet direct sur nos ventes, dit-il. Il n’y pas que ça qui est touché, il y aussi l’engouement pour la crème glacée. Aller à la crémerie est une activité estivale. Les gens sortent en famille le soir quand il fait beau. Lorsqu’il pleut ou que c’est gris, ils sont plus casaniers. »

Cédric Manen, de Pile ou Glace (7084 boulevard Saint-Laurent) fait la même observation. « La température est un facteur déterminant pour notre secteur. Lorsqu’il n’y a pas de soleil, on nous oublie vite. Le plus dommage, c’est que la pluie est souvent la fin de semaine », fait-il savoir.

Jean-Yves Rodgers, propriétaire de la Crémerie Masson (2618 rue Masson), se veut plus nuancé. « Pour nous, c’est pas mal pareil que l’année dernière. Mais, c’est certain qu’il y a plus de monde lorsqu’il fait beau », avoue-t-il. Il ajoute que c’est la réputation de son entreprise qui permet de maintenir une régularité des ventes.

Alors, que faire?

M. Manen se montre plutôt pragmatique face à la situation. « Il y a peu de choses qu’on puisse faire pour contrer la mauvaise température », confie-t-il. C’est que, contrairement à l’Armoire à glaces qui offre aussi des cafés et différents plats chauds, Pile ou Glace sert uniquement de la crème glacée.

M. Bureau préfère quant à lui se mettre en mode offensif. « Durant tout l’été, nous participons à plusieurs événements. Par exemple, nous avons collaboré aux journées de corvée pour les ruelles vertes dans La Petite-Patrie. Nous avons aussi été présents lors de la fête de la Famille de l’arrondissement. On a aussi invité des blogueurs de Montréal pour déguster nos produits. »

L’attente était cependant grande. En effet, bien avant la fin de l’hiver, l’Armoire à glaces s’était préparée à accueillir les clients avec de nouveaux produits. « Nous avions commencé à faire nos propres gelato, explique M. Bureau. On s’était équipée pour faire la production sur place. » Malheureusement, en l’absence du soleil, le succès de ces nouveautés n’est pas assuré.

Rémy-Paulin Twahirwa

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