Pas d’intérêt pour le locatif dans Rosemont – La Petite-Patrie
François Saillant, coordonnateur du FRAPRU, a tenu à dire: « En 2011, à peine 7161 logements locatifs ont été mis en chantier à l’échelle du Québec. C’est 20 % de moins qu’en 2010. C’est surtout la pire année pour la construction de ce type de logement depuis 2001. Pendant ce temps, la construction de 15 969 unités de condominiums a démarré, ce qui représente un record absolu au Québec. »
Toujours selon les données de la SCHL, on a vu la construction à Montréal de 12 681 unités de condominiums en 2011, contre 2281 logements locatifs. Dans Rosemont, 462 unités de condos ont été réalisées l’an dernier.
L’Association des propriétaires du Québec affirme elle également qu’il y a un manque d’intérêt des promoteurs envers le marché locatif.
« Actuellement, Montréal est l’endroit où il coûte le moins cher se loger et où les augmentations de loyer sont les plus faibles, dit Martin Messier. Les investissements que les propriétaires font sur leurs immeubles, les rénovations et améliorations, ne sont pas rentabilisés. Il y a donc un manque d’intérêt des promoteurs envers le marché locatif, qui se tournent davantage vers la construction de logements à vendre. On est d’accord avec le FRAPRU qu’il se construit actuellement beaucoup trop de condos dans la métropole. Comme dans Rosemont, par exemple. Pour nous, il faut redonner de l’importance au marché locatif et rétablir un intérêt pour les promoteurs d’en développer. Sinon, on va avoir rapidement un parc désuet et peu entretenu. »
Selon la coordonnatrice du Comité logement Petite-Patrie, Anne Thibault, le locatif n’intéresse plus les promoteurs. « Pour eux, ce n’est pas aussi payant que de faire du condominium. Pourtant, il faut protéger le parc de logements locatifs. Mais ce n’est pas ce qui arrive; il diminue peu à peu. L’arrondissement accepte trop facilement les demandes de transformation des duplex en condo et la Régie les demandes de reprises pour subdivision ou agrandissement. Une fois que ces logements locatifs sont transformés, ils ne sont pas remplacés. On perd du terrain », dit-elle.
Du côté de l’arrondissement RPP, on souligne que seulement une dizaine de demandes de transformation de duplex en condo sont acheminées par année.
« L’important pour garder les familles ici, c’est d’arriver à offrir de l’achat à des coûts moins onéreux qu’actuellement. Là, c’est tellement cher que les locataires qui veulent devenir propriétaires quittent Montréal et vont en banlieue. Il n’y a pas de disponibilité dans les prix actuellement pour les retenir. C’est là qu’on perd du terrain et des Montréalais », souligne François W. Croteau, maire de l’arrondissement.