En fait plus pour l'environnement
La première chose à laquelle elle s’attaquera sont les embûches que rencontrent Laurentiens qui veulent utiliser des cordes à linge. Le règlement de la Ville de Montréal 03-096, article 25 (1) stipule que la malpropreté, la détérioration ou l’encombrement d’un bâtiment principal, d’un logement, d’un balcon ou d’un bâtiment accessoire est interdite. Elle n’a pas apprécié voir un dépliant dans le hall d’entrée de l’arrondissement Saint-Laurent qui disait que « nous avons observé plusieurs balcons qui étaient encombrés par plusieurs objets comme des boîtes, des pneus et des cordes à linge ». La note était accompagnée d’une illustration représentant un balcon « acceptable » et «inacceptable», une corde à linge est clairement visible sur le dessin représentant un balcon inacceptable.
« Utiliser une laveuse et une sécheuse à la buanderie peut coûter 4$ et plus. Il y a des gens pour qui c’est trop cher et qui doivent laver leurs vêtements à la main. Pourquoi rendre leurs vies plus difficiles? Surtout lorsque ce qu’ils font est meilleur pour l’environnement », souligne-t-elle. « Si on a le droit de fumer sur son balcon, pourquoi est-ce qu’on n’aurait pas le droit d’étendre ses vêtements pour les faire sécher? », se demande-t-elle. Selon Alan DeSousa, maire de Saint-Laurent, ce règlement a été créé pour assurer la sécurité des citoyens et aider les pompiers pendant les interventions.
Aussi Mme Fitani-Trimm croit que Saint-Laurent pourrait être plus vert si l’arrondissement bannissait les arroseurs automatiques. Comme il est permis, les citoyens peuvent utiliser ce genre d’équipement d’arrosage avant 8 heures et après 18 heures pendant 2 heures. Selon elle « beaucoup d’eau peut être gaspillée pendant 2 heures. » En plus les arroseurs automatiques peuvent se déclencher même s’il pleut. M DeSousa dit que les citoyens doivent payer pour leurs consommation d’eau et l’arrondissement a une patrouille bleue. « Il y a des trucs pour prévenir le gaspillage. » Le maire croit tout de même que Saint-Laurent pourrait être plus vert. « Nous en faisons beaucoup, mais nous sommes toujours ouverts aux nouvelles idées. La meilleure source d’inspiration demeure les citoyens eux-mêmes. »
Mme Fitani-Trimm croit aussi qu’il devrait être permis de faire des potagers dans les cours avant. Cela ferait la promotion de l’agriculture urbaine. « Il est permis d’avoir un potager à l’arrière, mais que peut-on faire si on a du soleil qu’à l’avant? », se demande-t-elle. M. DeSousa dit que la Ville de Montréal vient de terminer un processus de consultation sur l’agriculture urbaine et attend de lire le rapport qui sera rendu public en septembre pour voir ce qui pourrait être fait en ce sens.
Pour le futur
« Je pense que le maire DeSousa a une bonne vision, il pense à l’avenir, mais nous pourrions être plus vert comme le sont certaines villes en Europe », dit Mme Fitani-Trimm. Elle croit que malheureusement, ce qui est bon pour l’environnement est associé au tabou de la pauvreté. « C’est la mauvaise réputation des cordes à linge dont nous devons nous départir. Nous connaissons les enjeux environnementaux, il faut se débarrasser de notre besoin de maintenir les apparences, » dit-elle.
Mme Fitani-Trimm croit que la société est capable de s’améliorer. Comme il l’a démontré lorsque les épiceries ont demandé 5¢ par sac de plastique, « le gouvernement doit intervenir et s’imposer. Les gens s’ajustent et développent de nouvelles habitudes », souligne-t-elle. Enfin après l’élection, elle demandera au député de parrainer une pétition Internet pour que tout monde puisse avoir une corde à linge au Québec.