Travaux de rénovation : les deux carrefours d'éducation populaire du Sud-Ouest en recherche de fonds
Des échafaudages et une clôture ceinturent le Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles. Ces mesures de sécurité ont été mises en place par la Commission scolaire de Montréal (CSDM), propriétaire du bâtiment. C’est que des morceaux de brique se détachent de l’édifice plus que centenaire situé au 2356, rue du Centre. Le Carrefour s’emploie à réunir les fonds pour procéder aux travaux de rénovation car si rien n’est fait à court terme, l’immeuble pourrait être fermé par mesure de précaution, entraînant l’éviction de l’organisme.
Malgré ce périmètre de sécurité, le Carrefour demeure ouvert. Il n’y a aucun danger immédiat, souligne son coordonnateur adjoint, Nicolas Delisle-L’Heureux. Mais l’organisme actif depuis 43 ans est en recherche de fonds. Il faut à tout le moins refaire l’enveloppe extérieure. Coût estimé: environ 250 000$. C’est sans compter la toiture, les fenêtres à changer et autres travaux de mise aux normes.
On trouve six carrefours d’éducation populaire sur le territoire de la CSDM. Cinq, dont les deux du Sud-Ouest, sont situés dans des bâtiments excédentaires de la CSDM. Ils sont logés gratuitement, précise Benoit Dorais, commissaire scolaire de Saint-Henri – Petite-Bourgogne – Pointe-Saint-Charles. «On croit à la mission des centres», dit-il.
«Nous faisons l’entretien minimal», mentionne le commissaire. Mais la CSDM n’a pas les ressources financières permettant d’effectuer des travaux majeurs sur les bâtiments. Cela incombe aux organismes.
«Des travaux importants devront être faits», au carrefour de Pointe-Saint-Charles, explique Benoit Dorais. «Et le Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de St-Henri (CEDA) est dans la même situation», précise-t-il.
La CSDM accompagne les deux organismes dans leurs démarches. Un comité de travail a été mis sur pied pour trouver une solution. «Toutes les avenues sont sur la table», signale M. Dorais.
Reloger les organismes dans d’autres installations de la commission scolaire? «La CSDM a fait son analyse, mais il n’y a pas de places», indique Benoit Dorais. Le Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles est confiant de dénicher l’aide financière. «Notre but est de rester», insiste son coordonnateur, Donald Nolet. «On ne veut pas bouger. On veut rester ici», renchérit Nicolas Delisle-L’Heureux. L’organisme accueille chaque année environ 700 personnes qui participent à plusieurs activités: ateliers artistiques et d’informatique, alphabétisation, intégration des personnes handicapées intellectuelles, etc.
Du côté du CEDA situé sur la rue Delisle, dans Saint-Henri, le directeur par intérim, Roger Leclerc, explique que le bâtiment nécessite des travaux se chiffrant à environ 2 M$: joints des briques et toiture à refaire, fenêtres à changer. «La commission scolaire a été très claire, il faut que nous trouvions nous-mêmes notre financement», dit-il.
Là aussi, on se refuse à l’idée de déménager les activités. «C’est clair, on veut rénover, lance M. Leclerc. Quitter n’est même pas envisageable.»
«On est en train de préparer des actions pour trouver du financement», dit-il, soulignant que le cas du CEDA est moins préoccupant que celui de Pointe-Saint-Charles. Les travaux sont moins urgents. «C’est très loin de l’état du carrefour», note M. Leclerc, précisant que par solidarité avec l’organisme de Pointe-Saint-Charles, il n’y aura pas d’activités de collecte de fonds «tant que le carrefour n’aura pas réglé son problème».