Clinique médicale: Fini l’attente aux urgences grâce à la technologie
Ils ont moins de 30 ans et souhaitent améliorer les soins de santé des Canadiens. 700 000 patients de 513 établissements du Québec et de l’Ontario utilisent les services de Chronométriq, une entreprise basée à Griffintown.
Fini les heures interminables à la clinique médicale sans rendez-vous! Rémi Richard et Yan Raymond-Lalande ont inventé Patienter librement, un système de file virtuelle qui permet aux utilisateurs d’attendre leur tour en vaquant à leurs activités quotidiennes. Le programmeur Maxime Méthot s’est joint à leur équipe pour développer l’application durant presque deux ans.
«L’idée est venue de mon père qui venait de perdre son temps toute la journée à la clinique pour un accident bénin, raconte Rémi Richard. J’ai voulu trouver une solution pour libérer physiquement les gens de la salle d’attente. Quand nous sommes malade, nous n’avons pas envie de rester sur place, même chose lorsqu’on a des obligations au travail ou à l’école.»
Le plus grand défi était pour eux le développement sur le terrain. «Le domaine médical est conservateur, ajoute-t-il. On avait 22 ans, les cliniques nous trouvaient mignons d’essayer de révolutionner la santé, mais personne ne voulait être le premier à se mouiller. Elles sont constamment sollicitées par des fournisseurs et des compagnies pharmaceutiques. Même si on leur proposait un produit innovateur et gratuit, elles n’étaient pas très à l’écoute.»
Chronométriq s’est associé avec des investisseurs qui ont permis la commercialisation de leur concept à une plus grande échelle. En quatre ans, l’entreprise a ajouté, entre autres, à sa ligne de services la prise de rendez-vous en ligne, la borne médicale libre-service, l’inscription à distance à la clinique et les rappels automatisés.
En continuel développement
La start-up prévoit une vague d’embauche. Présente actuellement à Montréal, Québec, Gatineau et Toronto, elle souhaite étendre ses services à travers le Canada.
«Il y a une niche en santé auquel peu d’entreprises s’intéressent, il reste beaucoup à faire. Seulement aux États-Unis, les technologies de l’information en santé sont en réelle progression. Le Canada est en retard par rapport aux pays de l’OCDE. Nous souhaitons changer cela et positionner le pays en leader.»
Cet automne, Chronométriq participera d’ailleurs à un appel d’offre du gouvernement pour l’adoption d’un système de prise de rendez-vous avec le médecin de famille qui sera intégré dans toutes les cliniques québécoises de façon participative.
Un autre volet de Chronométriq est la recherche. En partenariat avec l’Université Concordia, la Rossy Cancer Foundation et l’Hôpital Général Juif de Montréal, ils explorent l’optimisation de l’obtention de rendez-vous en fonction de l’agressivité d’un cancer. Rémi Lalonde souhaite que Chronométriq laisse sa marque comme entrepreneur social.
«10% de nos profits retournent à la société, à des fondations ou des organismes sans but lucratif, sélectionnés par les cliniques. Nous voulons bien faire le bien et aider le plus grand nombre de gens possible par des solutions créatives.»
Pour informations : chronometriq.ca