Vers une meilleure conciliation travail-famille au conseil de ville
Accompagnées de leurs enfants, elles ont convoqué les médias à l’Hôtel de Ville, le vendredi matin 14 décembre, pour attirer l’attention sur la difficulté à concilier les rôles de parent et d’élu.
« On ne veut pas soustraire les élus de leurs responsabilités. Dans n’importe quel type d’emploi, la planification est la clé de la conciliation travail-famille, et c’est ce qui manque en politique. Il faudrait notamment rendre l’horaire plus prévisible », explique Mme Lefebvre, mère de deux enfants de deux et quatre ans.
Par exemple, les élus peuvent avoir des rencontres obligatoires quatre soirs une certaine semaine, puis aucune la semaine suivante. Une meilleure planification permettrait d’équilibrer l’horaire des jeunes parents.
La motion déposée par l’Opposition officielle Vision Montréal vise à attirer les femmes et les jeunes adultes en politique municipale, et à retenir ceux qui y travaillent. « On veut garder les familles en ville. Pour cela, il faut que les jeunes parents soient représentés au Conseil, par des gens qui vivent ces situations », affirme Mme Lefebvre.
Un comité CTF
« Nos institutions changent », convient-elle. Les élus à l’Assemblée nationale du Québec appliquent la norme CTF. À l’hôtel de ville de Montréal, les employés disposent depuis peu d’un salon d’allaitement.
Mais il reste du travail à faire. Actuellement, il n’existe pas de congé de maternité pour les élus à la Ville; c’est à chacun de planifier l’arrivée de leur bébé tout en assurant leurs fonctions.
Pour obtenir la certification CTF, l’organisation qui en fait la demande met en place un comité mandaté de veiller à ce que les opérations se fassent dans le respect de la conciliation travail-famille. À Vision Montréal, de façon concrète, on demande qu’un comité réfléchisse aux changements à apporter aux aménagements, aux horaires de travail et aux pénalités. En ce moment, trois absences consécutives du Conseil entraînent la destitution de l’élu.
«C’est possible d’avoir une famille et de mener une carrière. J’en suis un exemple», assure la conseillère de Villeray. Sa collègue Cindy Leclerc s’est aussi fait élire alors qu’elle avait trois enfants en bas âge. « Le rôle des pères et des mères a changé, et je veux rendre nos pratiques politiques encore plus au goût du jour », conclut-elle.