Espion russe: l’armée britannique aide à l’enquête
LONDRES — La police britannique a demandé l’aide de l’armée dans le cadre de son enquête sur l’ancien espion russe empoisonné avec un agent neurotoxique.
La Police métropolitaine a dit que les détectives antiterroristes ont demandé l’aide de l’armée pour «retirer des véhicules et des objets» du site de l’attaque dans la ville de Salisbury.
La police a expliqué qu’environ 180 militaires ont été appelés parce qu’ils ont «les capacités et l’expertise nécessaires», mais qu’il n’y a toujours pas de risque pour la population.
Les enquêteurs britanniques retracent les pas de Sergeï Skripal et de sa fille Ioulia pour essayer de comprendre où ils ont été attaqués et où le poison a été fabriqué. Les responsables n’ont toujours pas dit quel agent neurotoxique a été utilisé.
La police a notamment bouclé la maison de M. Skripal, le cimetière où est enterrée sa femme, un restaurant et un pub.
Les deux victimes ont été retrouvées inconscientes sur un banc de parc de Salisbury, dimanche, et se trouvent maintenant à l’hôpital dans un état critique.
M. Skripal a été reconnu coupable en Russie d’espionnage pour le compte du Royaume-Uni. Il a été condamné à 13 ans de prison en 2006, mais il a été relâché en 2010 dans le cadre d’un transfert d’espions entre les États-Unis et la Russie.
Un policier qui est venu en aide aux deux victimes est hospitalisé dans un état stable. Au total, 21 personnes ont eu besoin de soins.
Le gouvernement russe nie toute implication dans cette affaire, mais l’attaque suscite des comparaisons avec l’ancien agent russe Alexander Litvinenko, qui a été empoisonné avec du polonium radioactif à Londres il y a 11 ans. Une enquête publique britannique avait conclu que la Russie était responsable de cette attaque, qui avait probablement obtenu le feu vert du président Vladimir Poutine.
L’ancien patron de la Police métropolitaine de Londres a révélé à la BBC que le policier malade est un enquêteur qui s’est rendu chez M. Skripal tandis qu’un médecin qui a soigné l’ancien espion en plein air n’a pas été affecté, ce qui porte à croire que M. Skripal a peut-être été attaqué chez lui.
L’ancien commissaire Ian Blair, qui dirigeait la police londonienne au moment du meurtre de M. Litvinenko, a aussi demandé de nouvelles enquêtes dans la mort de 14 Russes au Royaume-Uni, à la lumière de soupçons qu’ils puissent avoir été éliminés par Moscou. Il a dit à la BBC qu’il est important de faire la lumière sur la situation.
Le site BuzzFeed News rapporte que les renseignements américains ont associé 14 décès à la Russie, mais que la police britannique a décidé de ne pas enquêter.
Les agents neurotoxiques les plus connus sont le VX et le sarin. De telles substances interfèrent avec le système nerveux et provoquent fréquemment la mort.