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Les pays émergents veulent décrocher la Lune

Les pays émergents veulent décrocher la Lune
Photo: AFP

L’année 2019 marque le 50e anniversaire d’Apollo 11 et du premier pas accompli par l’homme sur la Lune. Un demi-siècle plus tard, le satellite naturel de la Terre intéresse de nouveaux joueurs de l’exploration spatiale.

La reconquête de la Lune est devenue l’objet d’initiatives gouvernementales et privées. Par exemple, la compagnie israélienne SpaceIL lancera en février la navette Beresheet – qui signifie «genèse» en hébreu – dans l’espoir de générer un «effet Apollo» qui poussera les jeunes à s’intéresser à l’espace et à la science.

«SpaceIL a été fondée par trois ingénieurs qui ont répondu au défi lancé par le Google Lunar XPRIZE: construire, lancer et faire atterrir un engin spatial sans équipage sur la Lune», a expliqué à Métro un employé qui a demandé de rester anonyme.

Même si la compétition de Google s’est terminée sans gagnant, en mars dernier, SpaceIL a voulu achever son projet, tentant ainsi de prouver le développement technologique d’Israël et d’établir une «nouvelle industrie de l’espace».

«On peut désormais faire ce que seulement trois superpuissances, possédant plus de ressources que nous, ont été capables de faire», affirme l’employé.

Par ailleurs, 10 ans après sa première mission lunaire, l’Inde enverra prochainement l’orbiteur, atterrisseur et ­rover lunaire Chandrayaan-2.

L’engin de l’Organisation indienne pour la recherche spatiale récoltera des données sur la topographie, la minéralogie, l’abondance des éléments, l’exosphère et l’hydroxyle lunaires.

«Nous devons examiner l’espace avec le plus grand soin au bénéfice de tous.» – Adrian Michael Cruise, président de la Société royale d’astronomie et professeur à l’université de Birmingham au Royaume-Uni

De leur côté, les Américains veulent renvoyer des sondes et, in fine, des astronautes. La NASA compte assembler d’ici 2026 une station en orbite lunaire. Récemment, un satellite américain est passé au-dessus du site de la sonde chinoise Chang’e, qui a aluni le 3 janvier sur la face cachée de la Lune. La NASA le photographiera.

Enfin, l’Agence spatiale européenne a lancé une étude sur la possibilité de se poser sur la Lune avant 2025, ce qui constituerait une première pour le continent et pourrait préfigurer une présence humaine autonome. «Je suis convaincu que la conquête de l’espace est essentielle pour l’avenir de l’humanité en général», a déclaré le mois dernier André-Hubert Roussel, le président-directeur du groupe. Le retour sur la Lune est possible.»

Pourquoi se rendre sur la Lune? Un des objectifs est d’y établir une base pour permettre l’exploration d’autres planètes, comme Mars.

«Emmener des humains sur la planète rouge de manière sécuritaire sera beaucoup plus difficile que ce que bien des gens croient», explique le président de la Société royale d’astronomie, Adrian Michael Cruise.

Selon le Britannique, la quantité de radiations que recevraient les astronautes y serait de 10 à 100 fois supérieure aux limites sécuritaires sur Terre.

«L’approvisionnement en eau et en nourriture pour le voyage d’environ 18 mois serait un défi considérable. Outre cette difficulté, la question se pose de savoir si emmener des humains sur Mars est une bonne idée», souligne-t-il.

«Nous pensons actuellement que Mars est une planète qui a pu disposer de conditions adéquates pour la vie. L’envoi de sondes et d’instruments est un moyen d’étudier si des formes de vie différentes s’y sont développées», conclut le chercheur, avec une mise en garde: «Dès que le premier humain arrivera sur Mars, il y aura un risque de contaminer la planète avec nos virus et nos bactéries, annihilant la possibilité d’y étudier l’origine de la vie dans le système solaire.»

Les défis de l’exploration

Pourquoi plusieurs projets d’exploration spatiale sont-ils axés sur la Lune?
Des recherches dans d’autres régions que celles visitées par Apollo permettront de mieux comprendre comment la Lune a évolué au fil de son histoire. Ce sera un point de départ nécessaire si l’homme veut s’aventurer plus loin dans le système solaire.

Quelles sont les ressemblances et les différences entre la présente course à l’espace et celle des années 1960 et 1970?
Nous vivons à une époque bien différente. Nos sondes spatiales sont beaucoup plus sophistiquées. Nous sommes plus limités par notre manque d’imagination que par notre technologie. Maintenant, on souhaite étudier les changements climatiques, comprendre la matière et l’énergie noires, chercher des exoplanètes qui pourraient abriter une quelconque forme de vie.

Quels défis attendent les astronautes de l’avenir?
Visiter d’autres planètes directement, comme Mercure et Jupiter, pour étudier leur surface et leur atmosphère. On pourra comprendre comment les planètes évoluent. Cela nous aidera à saisir ce qui se passe sur Terre.

Dates importantes

  • 1er janvier: La sonde New Horizons est arrivée à l’objet 2014 MU69, Ultima Thulé, situé dans la ceinture de Kuiper. Son diamètre est estimé à 45 km.
  • 19 février: Le lancement de Beresheet, la première navette spatiale d’Israël, doit avoir lieu en février. La navette, qui doit contribuer à l’exploration de la Lune, sera dotée d’une «capsule temporelle».
  • Fin avril: L’orbiteur, atterrisseur et rover lunaire Chandrayaan-2 sera lancé par l’Organisation indienne pour la recherche spatiale. L’engin récoltera des données sur la topographie, la minéralogie, la présence d’éléments, l’exosphère, de même que sur des signatures d’eau glacée.
  • Fin 2019: Durant le dernier mois de l’année, la mission Chang’e 5 de l’Administration spatiale nationale chinoise doit revenir sur Terre avec un échantillon de 2 kg de
    régolite lunaire.
  • 2023: La sonde OSIRIS-REx, lancée par la NASA, se posera sur l’astéroïde Bennu en septembre pour récolter un échantillon de sol à la surface, puis reviendra sur Terre en septembre 2023.