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Hongrie: Trump salue le bilan de Viktor Orban qui a «garanti la sécurité» de son pays

Hongrie: Trump salue le bilan de Viktor Orban qui a «garanti la sécurité» de son pays
Photo: AFPVictor Orban et Donald Trump se sont rencontrés à la Maison-Blanche, le 13 mai 2019.

Le président américain Donald Trump a salué lundi le bilan sur l’immigration du premier ministre hongrois, assurant, aux côtés de Viktor Orban, que ce dernier avait « garanti la sécurité » de la Hongrie. « Vous avez fait du bon travail et vous avez garanti la sécurité de votre pays », a dit M. Trump, lors de sa rencontre dans le Bureau ovale avec M. Orban. « Il est dur, mais il est respecté », a poursuivi le locataire de la Maison-Blanche à propos du dirigeant hongrois.

Donald Trump a accueilli lundi à la Maison-Blanche Viktor Orban, l’un de ses rares admirateurs revendiqués en Europe, lors d’une visite qui suscite de vives critiques à Washington tant le dirigeant national-conservateur est accusé de saper la démocratie dans son pays.

Ce tête-à-tête avec le président des États-Unis, qui multiplie les piques contre l’Union européenne, va offrir une tribune de choix à Viktor Orban, connu pour ses positions eurosceptiques, à moins de deux semaines d’élections européennes lors desquelles le camp souverainiste et populiste devrait réaliser une poussée.

Une ironie du calendrier 

L’annonce de cette visite est intervenue le jour où le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo annulait à la dernière minute un déplacement à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel.

Une ironie du calendrier que de nombreux observateurs ont vu comme emblématique de l’évolution des relations transatlantiques depuis l’élection du milliardaire républicain, accusé de préférer les hommes forts, voire les autocrates, aux dirigeants des démocraties occidentales alliées traditionnelles de Washington.

En septembre, le premier ministre hongrois, au pouvoir depuis 2010, avait qualifié Donald Trump d’« icône » pour le mouvement souverainiste, après le discours « antimondialiste » de ce dernier devant l’Assemblée générale de l’ONU. Cette proximité idéologique a permis un réchauffement des relations alors que Viktor Orban s’était régulièrement vu reprocher par la précédente administration démocrate de Barack Obama des atteintes à la liberté de la presse, de la justice et de la société civile.

Plusieurs voix se sont d’ailleurs élevées à Washington pour dénoncer la visite du chef du gouvernement hongrois. « Il n’a pas sa place dans le Bureau ovale », ont estimé Rob Berschinski, de l’organisation Human Rights First, et Hal Brands, de l’université Johns Hopkins. « Non seulement, car ce sera vu comme l’adoubement d’un dirigeant qui a démantelé avec succès une démocratie, mais aussi, car cela confirme une stratégie absolument menaçante pour la sécurité transatlantique », ont-ils ajouté dans une tribune publiée par le quotidien Washington Post.

En cause, notamment, la proximité croissante entre la Hongrie et la Russie. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait d’ailleurs mis en garde Budapest contre ses liens avec Moscou lors d’une visite dans la capitale hongroise en février. Plusieurs députés démocrates ont même appelé dans une lettre le président Trump à renoncer à accueillir Viktor Orban tant qu’il n’aura pas « remis son pays sur le chemin de la démocratie et des droits humains ».