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Londres à la recherche des responsables des fuites diplomatiques sur Trump

Londres à la recherche des responsables des fuites diplomatiques sur Trump
Photo: AP Photo/Manuel Balce Ceneta, FileDonald Trump

Le gouvernement britannique recherchait lundi le ou les responsables des fuites dans la presse de câbles diplomatiques critiquant l’administration américaine, des révélations qui embarrassent Londres vis-à-vis de son allié historique, avec qui il veut sceller un accord de libre-échange post-Brexit.

Le Mail on Sunday a publié samedi soir le contenu de mémos et rapports transmis à Londres par l’ambassadeur britannique à Washington, Kim Darroch. Ce dernier aurait notamment affirmé que l’administration américaine était «inepte diplomatiquement» et «unique dans son dysfonctionnement», et estimé que le président Donald Trump était «instable» et «incompétent».

Ces câbles, dont certains remontent à 2017, n’auraient jamais dû être révélés au public.

Le gouvernement a annoncé dimanche l’ouverture d’une enquête. Objectif: trouver l’origine de ces fuites mais aussi comprendre leur motivation, à deux semaines de la désignation d’un nouveau chef de gouvernement au Royaume-Uni.

La Première ministre sortante Theresa May a condamné lundi des fuites «totalement inacceptables» et souligné avoir «une totale confiance» en Kim Darroch — sans partager toutefois l’image de l’administration américaine dépeinte dans les câbles diplomatiques, selon le porte-parole de la dirigeante.

Le porte-parole a ajouté que «rien» ne suggérait que des «acteurs étatiques hostiles» aient été impliqués.

«Nous devons découvrir comment cela a pu se produire, au moins pour redonner confiance à nos équipes à travers le monde afin qu’elles continuent à nous donner des évaluations sincères», a déclaré de son côté le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt.

«Il y aura des conséquences graves si et quand nous retrouverons qui est responsable», a-t-il promis, Downing Street soulignant que la «police» pourrait être saisie le cas échéant.

Ces fuites ne sont «pas professionnelles, pas éthiques et pas patriotiques» parce qu’elles peuvent «conduire à causer du tort à la relation» avec les Etats-Unis, a jugé sur la BBC le ministre du Commerce international Liam Fox.

«Ce n’est pas un problème avec l’ambassadeur mais un problème d’éthique avec l’individu qui a fait fuiter», a-t-il insisté alors que l’europhobe et populiste Nigel Farage, à la tête du Parti du Brexit, a tweeté que «le plus tôt» Kim Darroch «serait parti, le mieux ce sera».

Kim Darroch, 65 ans, l’un des diplomates britanniques les plus expérimentés, est arrivé à Washington en janvier 2016, avant la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine.

Dimanche, Jeremy Hunt lui a apporté son soutien tout en soulignant que ses opinions ne concernaient que lui. «L’ambassadeur faisait son travail d’ambassadeur, à savoir donner des rapports francs et des opinions personnelles sur ce qui se passe dans le pays où il travaille, pas les opinions du gouvernement britannique, pas les miennes».

«Nous continuons de penser que l’administration américaine sous le président Trump est à la fois très efficace et le meilleur ami possible du Royaume-Uni sur la scène internationale», a poursuivi M. Hunt, qui fait campagne pour devenir le prochain Premier ministre britannique.

Après l’échec de Theresa May à mettre en oeuvre le Brexit, le Parti conservateur doit se choisir un nouveau dirigeant et chef de gouvernement, dont le nom sera connu le 23 juillet. Il lui incombera la mission du divorce avec l’Union européenne mais aussi l’instauration de futures relations commerciales.

Et les yeux des deux candidats en lice, Boris Johnson et Jeremy Hunt, sont rivés sur les Etats-Unis. Le mois dernier, lors de sa visite d’Etat au Royaume-Uni, le président américain avait fait miroiter un accord commercial “extraordinaire” avec Londres après le Brexit.

Les fuites peuvent-elles changer les plans de l’imprévisible Donald Trump? Celui-ci s’est contenté de juger dimanche que Kim Darroch «n’avait pas bien servi le Royaume-Uni». «On n’est pas des grands fans de cet homme», a-t-il aussi dit à des journalistes, sans évoquer les relations avec Londres.

Liam Fox, en déplacement cette semaine aux Etats-Unis, s’est voulu rassurant en estimant que ces fuites n’empêchaient pas de «préparer le terrain» pour un futur accord.