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10:38 7 janvier 2020 | mise à jour le: 7 janvier 2020 à 10:38 temps de lecture: 5 minutes

Funérailles de Soleimani: une bousculade fait une cinquantaine de morts

Funérailles de Soleimani: une bousculade fait une cinquantaine de morts
Photo: Mohammed Sawaf/AFPFunérailles du général Soleimani à Kerman en Iran.

Une bousculade a fait mardi au moins 50 morts lors des funérailles de Soleimani à Kerman dans le sud-est de l’Iran. La foule réclamait encore vengeance aux cris de «Mort à l’Amérique», pendant l’hommage au militaire tué en Irak par une frappe américaine.

La bousculade a fait «plus de 50 morts» selon un nouveau bilan du chef de l’Institut médico-légal de cette ville du centre de l’Iran, Abbas Amian, publié par des médias iraniens. L’agence semi-officielle Isna, citant le chef des secours de la ville Mohammad Sabéri, indique pour sa part que 212 personnes ont été également blessées dans le drame, «dont un petit nombre» est dans un «état grave».

Le directeur de l’hôpital Bahonar, dans le centre-ville, a indiqué avoir reçu 13 corps. Une famille en deuil attendait dans le hall, où une liste des noms des victimes reçues par l’établissement était affichée.

Le centre de Kerman, ville natale du général, était envahi par une marée humaine semblable à celles ayant déferlé dimanche et lundi à Téhéran et dans les autres villes où les cercueils du général Soleimani et de ses compagnons d’armes tués avec lui ont transité pour un hommage populaire.

Chef de la Force Qods, unité d’élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution (l’armée idéologique iranienne), Soleimani était l’architecte de la stratégie de l’Iran au Moyen-Orient.

Il a été tué vendredi par une frappe de drone américain devant l’aéroport de Bagdad.

Le processus d’«expulsion des États-Unis de la région a commencé», a lancé à la foule de Kerman le général de division Hossein Salami, commandant en chef des Gardiens de la Révolution.

«Nous allons nous venger (…) S’ils (frappent de nouveau) nous mettrons le feu à ce qu’ils adorent», a-t-il dit sur un ton énigmatique. «Eux-mêmes savent bien de quels lieux je parle».

Le Parlement iranien a pour sa part adopté mardi en urgence une loi classant toutes les forces armées américaines comme «terroristes» après l’assassinat de Soleimani.

Il a pour ce faire amendé une loi récente qui déclarait «terroristes» les forces américaines déployées de la Corne de l’Afrique à l’Asie centrale en passant par le Moyen-Orient. La dénomination est désormais étendue à l’ensemble des forces américaines, aux responsables de l’assassinat de Soleimani et à toute personne physique ou morale impliquée dans sa mort.

«Le martyr Qassem Soleimani est plus puissant et vivant maintenant qu’il est mort», et «plus dangereux pour l’ennemi», a assuré le chef des Gardiens devant les cercueils du général et de son bras droit, le général de brigade Hossein Pourjafari, exposés parmi des gerbes de fleurs sur la place Azadi de Kerman.

Elevé à titre posthume au grade de général de corps d’armée, inusité depuis des années en Iran, Soleimani est largement considéré dans son pays comme un héros pour le combat qu’il a mené contre les jihadistes du groupe État islamique (EI) en Irak et en Syrie.

Cela a permis, aux yeux des Iraniens, à leur nation multiethnique d’éviter la désintégration qu’ont connue à ses portes, l’Irak, la Syrie ou l’Afghanistan.

À Kerman, les Iranients ont attendu toute la nuit sur les lieux pour assister aux funérailles.

Soleimani «était aimé non pas simplement à Kerman ou en Iran, mais dans le monde entier», assure à l’AFP Hemmat Dehghan.

«Le monde entier, les musulmans, les chiites, l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan et tout particulièrement l’Iran, tous lui doivent beaucoup pour leur sécurité», ajoute cet ancien combattant de 56 ans, affirmant être venu de Chiraz, à plus de 500 km.

Depuis l’assassinat de Soleimani, la communauté internationale redoute une nouvelle déflagration majeure au Moyen-Orient.

Alors que les principaux dirigeants civils, religieux et militaires iraniens annoncent une vengeance terrible, les appels à la «désescalade» se multiplient de par le monde.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif, qui devait assister jeudi à une réunion du Conseil de sécurité à l’ONU, à New York, a indiqué avoir été informé par le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres que les États-Unis lui avaient refusé son visa.

Et les ministres français, allemand, italien, britannique des Affaires étrangères se réunissent mardi à Bruxelles pour évoquer les conséquences de l’élimination de Soleimani.

Dans ce climat hypertendu suivant des mois de pression entre Washington et Téhéran, sur fond d’escalade militaire dans le Golfe et de tensions autour de la question nucléaire iranienne, les États-Unis ont créé la confusion lundi en transmettant par erreur aux autorités irakiennes une lettre annonçant des préparatifs en vue du retrait de leur soldats déployés en Irak.

La lettre faisait référence à un vote dimanche du Parlement irakien exhortant le gouvernement à expulser les troupes étrangères d’Irak après la colère provoquée dans ce pays par la frappe ayant tué le général Soleimani.

Mais le ministre de la Défense américain Mark Esper l’a assuré dans une mise au point devant la presse: «Aucune décision n’a été prise de quitter l’Irak. Point.»

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