«Les guerrières du vagin célèbrent leurs victoires»
Métro s’est entretenu avec Susan Swan, directrice générale de V-Day .
V-Day a été fondée à la suite de l’immense succès international de la pièce Les monologues du vagin. Après tant d’années d’efforts, de sensibilisation et d’initiatives comme Les monologues, comment se fait-il que la violence faite aux femmes demeure si commune?
V-Day vient de fêter ses 15 ans,et nous nous sommes dit : «Comment pourrions-nous célébrer alors que le tiers des femmes sont toujours victimes de violence?» Nous avons cependant constaté des progrès incroyables. De nouvelles lois ont notamment été votées. Des femmes réalisent des choses étonnantes, comme gérer des refuges pour les victimes d’agressions. Des dizaines de milliers de militantes dans 142 pays, dont la Libye, l’Iran et la Somalie, ont pris part à notre campagne. Les gens commencent à réaliser qu’aider les femmes, c’est aussi aider leur communauté.
Où avez-vous constaté des progrès?
Les choses s’organisent. Nous recevons des courriels de femmes de partout dans le monde qui nous font part de leurs initiatives. En Inde, les hommes et les familles s’unissent pour soutenir les femmes. Et à Mogadiscio, des femmes ont récemment organisé une mobilisation éclair (flash mob)! Les femmes considèrent le patriarcat d’une façon différente. Et des hommes ont fini par embarquer; le mouvement compte d’ailleurs sur la participation de Robert Redford et du dalaï-lama. Nous avons besoin de plus d’hommes de cette trempe. Tout cela produit un effet d’entraînement. Il faut cependant que notre mouvement soit accompagné d’efforts législatifs. Des membres, hommes et femmes, du Parlement européen ont ainsi mis sur pied un «lobby du vagin».