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Obama hanté par le syndrome Katrina

Photo: Getty

La descente aux enfers de Barack Obama a commencé. Sa réforme du système d’assurance maladie prend tellement l’eau qu’elle est déjà comparée à l’ouragan Katrina.

La cote de popularité du président américain est désormais aussi basse (39 %) que celle de son prédécesseur George W. Bush (37 %) quand il chercha à corriger sa piètre performance devant les ravages causés par la violente tempête tropicale qui rasa pratiquement La Nouvelle-Orléans en 2005.

Obama, selon ses proches, est un homme méticuleux, pointilleux, ayant une profonde aversion pour le risque. C’est un cérébral froid, qui n’aime pas reconnaître ses erreurs. Son amour-propre serait gonflé à l’hélium.

Il lui aura fallu plus d’un mois pour faire son mea culpa et enfin parler des «ratages» du système informatique de son Affordable Care Act.

Depuis son acte de contrition de jeudi dernier, les médias s’interrogent. Le New York Times se demande si le 44e locataire de la Maison-Blanche a menti en promettant aux 40 millions d’Américains sans couverture médicale de leur en offrir une facilement et à des prix abordables. Obama doit s’inquiéter.

Si ses «alliés médiatiques» commencent à le lâcher, ses adversaires républicains, qui rejettent en bloc l’«Obamacare», vont se délecter.

En fait, ils se frottent déjà les mains, se pourlèchent les babines. Ils ont devant eux un animal politique blessé.

Même au sein du Parti démocrate, les chuchotements se multiplient. Les élections législatives de mi-mandat auront lieu dans moins d’un an. Bon nombre de démocrates vont chercher à sauver leur peau en se distançant des couacs de l’«Obamacare».

Majoritaires à la Chambre des représentants, les républicains croient pouvoir le devenir au Sénat. Ils feront tout pour que le reste du mandat d’Obama ressemble au supplice de la goutte d’eau.

Chez les démocrates, l’esprit de corps a toujours été moins grand que dans le camp adverse. Déjà une quarantaine d’entre eux ont fait front commun vendredi avec les républicains pour éviscérer la réforme de leur président en autorisant les compagnies d’assurance à continuer de vendre des contrats ne répondant pas aux critères de couverture exigés par la loi.

Les ratés à répétition du portail internet HealthCare.gov seront sûrement chose du passé dans quelques semaines, mais le mal est fait. Une impression d’incompétence colle déjà à la peau d’Obama. Lui si branché sur les nouvelles technologies, il aura été piégé par les complexités de l’informatique.

Bien sûr, Katrina et les ratés de la réforme de santé d’Obama sont de nature bien différente, mais la gestion de la catastrophe naturelle a été l’un des plus cuisants échecs de George W. Bush.

Son successeur est désormais hanté par ce syndrome.

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