Rome dans la rue contre des lois sur l'emploi
ROME – Des centaines de milliers de personnes ont pris d’assaut les rues à Rome, samedi, pour protester contre les mesures du premier ministre Matteo Renzi pour faciliter le congédiement.
Deux bruyantes marches ont sillonné le coeur de la capitale italienne, bloquant la circulation durant des heures, alors que la présidente d’un syndicat national, Susanna Camusso, promettait plus de manifestations et de grèves si M. Renzi n’abandonne pas ses plans pour donner aux employeurs plus de marge de manoeuvre pour congédier des employés.
Le premier ministre de centre-gauche soutient que les entrepreneurs craignent d’embaucher des employés qu’ils ne pourront mettre à pied si les affaires vont mal. Avec les lois actuelles, il est très difficile de congédier des gens. M. Renzi est confiant que cette mesure aiderait à la reprise de l’économie italienne, clouée par la récession.
Les syndicats et les travailleurs doutent fortement de la logique de cette affirmation. Un responsable du syndicat italien des métallos, Frederico Bellono, affirme que le gouvernement déçoit les gens en disant que d’enlever des droits faciliterait automatiquement l’embauche.
Le taux de chômage en Italie est de plus de douze pour cent. Près d’un jeune sur deux est sans emploi, et beaucoup s’exilent pour trouver du travail.
Le projet de loi du premier ministre Renzi propose aussi une réduction de l’impôt sur les salaires pour les employeurs qui embauchent des jeunes travailleurs à temps plein. Depuis plusieurs années en Italie, la tendance est à l’embauche sur contrat d’un an, ce qui ne procure aucune sécurité d’emploi aux jeunes, qui enfilent les boulots temporaires.
Un lobby industriel réclame de son côté des crédits d’impôts encore plus généreux pour les entreprises. «Franchement, je ne pense pas que les manifestations et les grèves sont la meilleure solution en ces moments de crise», a dit le président du lobby, Giorgio Squinzi, à un rassemblement de jeunes entrepreneurs à Naples.