L’Allemagne débloquera davantage d’emplois pour intégrer les migrants
BERLIN — Les partis politiques qui forment le gouvernement allemand se sont entendus jeudi sur plusieurs mesures pour faciliter l’intégration des 1,1 million de migrants qui ont obtenu l’asile politique au pays l’an dernier.
Ces mesures seront maintenant discutées avec les gouverneurs des États avant d’être présentées au Parlement. Elles visent à faciliter l’accès des migrants aux emplois et aux cours d’intégration, tout en augmentant ce qu’on attend d’eux.
La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré aux journalistes que les propositions démontrent clairement que “ceux qui viennent à nous auront des devoirs et des obligations”.
Les mesures prévoient la création de milliers “d’occasions d’emplois” financées par le gouvernement pour les migrants, selon l’agence de presse dpa. Une règle qui stipule que certains emplois sont interdits aux demandeurs d’asile si un citoyen allemand ou européen peut les occuper sera suspendue pendant trois ans.
Le gouvernement Merkel a déjà adopté des mesures pour accélérer le traitement des dossiers, de manière à ce que les réfugiés qui sont susceptibles d’obtenir l’asile politique puissent être acceptés plus rapidement et que les migrants “économiques” soient renvoyés chez eux dans les meilleurs délais. Ainsi, rapporte dpa, les nouveaux emplois ne seront pas accessibles à ces migrants économiques.
Au nombre des autres mesures, poursuit dpa, se trouve une réduction du temps d’attente pour accéder aux cours d’intégration qui enseignent l’allemand; ces cours seront rendus obligatoires pour davantage de migrants, notamment ceux qui possèdent des bases de la langue allemande.
Les déplacements des migrants seront aussi restreints et ceux qui quittent les secteurs où ils ont été envoyés s’exposeront à des conséquences qui n’ont pas été précisées.
Par ailleurs, le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch a dénoncé jeudi les “conditions déplorables” dans lesquelles sont détenues quelque 4000 personnes sur les îles grecques de Lesbos et Chios. HRW condamne par voie de communiqué l’arrestation aveugle de tous les migrants qui arrivent en Grèce et leur expulsion vers la Turquie, un pays qui refuserait d’assurer la protection de ceux qui en ont le plus besoin.
Enfin, l’Autriche a prévenu qu’elle est prête à fermer son principal passage frontalier avec l’Italie si jamais le flot de migrants se transforme en “situation extrême”. Le ministre de la Défense aurait indiqué au diffuseur ORF que le poste de Brenner sera fermé si l’Italie refuse de reprendre les migrants refusés par l’Autriche et qui ne peuvent traverser en Allemagne.
L’Autriche a enregistré entre 16 000 et 17 000 demandes d’asile depuis le début de l’année. Elle a annoncé une limite de 37 500 demandes pour 2016, après en avoir reçu 90 000 l’an dernier.