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Interdiction complète du cellulaire au volant: On n'en est pas là!

S’il est vrai que la sécurité routière serait grandement améliorée si on interdisait totalement l’utilisation du cellulaire au volant, une telle recommandation ne devrait pas aboutir sur le bureau de la ministre des Transports.

Au cours des dernières semaines, les rumeurs voulaient qu’une telle recommandation se trouve dans le rapport qui doit être présenté d’ici la fin de l’année par la Table québécoise de la sécurité routière.

Jean-Marie De Koninck, fondateur d’Opération Nez rouge et président de cette table, met les pendu­les à l’heure. Selon lui, trop d’embûches et trop de réticences parsèment une telle avenue. «Interdire totale­ment le cellulaire au volant? Il aurait fallu y penser dès l’apparition du cellulaire, alors qu’à peine 1 % des gens en possédaient un», affirme-t-il.

On n’a qu’à songer au pratico-pratique d’une arrestation mettant en cause un automobiliste qui discourt au cellulaire en mode mains-libres : comment les policiers parviendraient-ils à prouver que le conducteur ne se parlait pas à haute voix, seul à bord de son véhicule?

Le Québec, précurseur
Déjà, le Québec est précurseur dans l’application de la Loi 42 qui interdit le cellulaire en main au volant (trois points d’inaptitude et 115 $ d’amende). Deux autres provinces canadiennes en font actuellement autant, soit Terre-Neuve-et-Labrador (depuis 2003) et la Nouvelle-Écosse (depuis le 1er avril 2008, comme le Québec).

L’Ontario deviendra la quatrième province à interdire le cellulaire au volant à compter du 26 octobre.

Bien sûr, l’utilisation du cellulaire au volant compromet la sécurité routière. Des études l’ont prouvé, les utilisateurs courent 38 % plus de risques d’avoir un accident que les non-utilisateurs.

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, le mode mains-libres ou la communication Bluetooth ne réduisent ce risque que de 10 %.

«Le « mains-libres » crée malheureusement un faux sentiment de sécurité», indique Philippe Saint-Pierre, porte-parole de CAA-Québec. À preuve : qui ne s’est pas déjà rendu à destination après avoir conversé au cellulaire pendant tout le voyage… pour réaliser qu’il ou elle ne se souvenait plus du trajet parcouru? Pour bien faire, l’automobiliste discipliné devrait s’abstenir d’utiliser son cellulaire au volant, mains-libres ou pas. Et surtout, il ne devrait pas «texter» au volant : cette pratique (sanctionnée elle aussi par la Loi 42) accroît les risques d’accident par un facteur de 23…

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