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Peut-on éviter une nouvelle vague de féminicides en 2022?

Les photos des victimes de Polytechnique et de celles de féminicide au Québec en 2021.
Les photos des victimes de Polytechnique et de celles de féminicide au Québec en 2021. Photo: Gracieuseté - Le Carrefour des femmes d’Anjou / Montage Métro

Deux nouveaux féminicides marquent ce début d’année au Québec. Avec plus de 500 M$ investis, des mesures gouvernementales visent à lutter contre la violence faite aux femmes. Est-ce que cela sera suffisant en 2022 pour éviter la vague de féminicides enregistrée l’an dernier?

«Il faut considérer la violence conjugale comme un contrôle coercitif: le féminicide, c’est la volonté d’avoir le contrôle absolu sur sa conjointe», explique la directrice de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Manon Monastesse. 

Le danger est difficile à déceler, car il peut être masqué par des situations de dépression ou des comportements suicidaires.

«Ce qui serait intéressant, c’est d’investir massivement dans la formation des intervenantes qui rencontrent des femmes», suggère la présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Chantal Arseneault. 

D’après elle, les intervenant.e.s de la Direction de la protection de la jeunesse devraient aussi être considéré.e.s, car l’instrumentalisation des enfants est fréquente dans un contexte de violence conjugale.

Réduire la tolérance

«Il faut aussi adopter une approche plus globale. […] La recherche scientifique montre que plus une société est tolérante devant les actes de violence envers les femmes cisgenres, les femmes trans et les personnes non binaires, plus les risques de violence et de féminicide sont accrus», affirme pour sa part une étudiante au doctorat en études politiques à l’Université d’Ottawa, Miriam Hatabi.

Cette tolérance décourage la dénonciation des gestes violents. «Deux cents femmes qui ont été hébergées nous ont avoué avoir été victimes d’une tentative de meurtre, alors que les infractions déclarées sont aux alentours d’une cinquantaine», témoigne Manon Monastesse. 

Les services offerts se multiplient. D’ici cinq ans, des tribunaux spécialisés en violence conjugale et sexuelle seront présents dans l’ensemble du Québec. L’accusé devra entre autres faire état de ses progrès.

Autres mesures qui entreront bientôt en vigueur:

  • Soutien financier à divers organismes et cellules de crise;
  • Soutien financier pour des solutions adaptées aux communautés autochtones; 
  • Aides financières pour 11 corps de police municipaux;
  • Bracelets antirapprochement (BAR) bientôt déployés.

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