Des élections s'imposent
Au début de son mandat de premier ministre, Jean Charest affirmait vouloir procéder à une «réingénierie de l’État» – concept vaseux qui voulait tout simplement dire : réduire les programmes sociaux et ouvrir autant que possible les portes à la privatisation et à la déréglementation. Ce projet se buta toutefois à la levée de boucliers d’une bonne partie de l’opinion publique. Incapable de convaincre les Québécoises et les Québécois du bien-fondé de son projet de démantèlement de l’État, Jean Charest a donc changé de stratégie.
Au lieu de s’attaquer trop explicitement au «modèle québécois» auquel plusieurs de nos concitoyens sont encore attachés, il a plutôt choisi de le miner en douce. C’est pourquoi, depuis des années, il laisse pourrir notre climat social. Il laisse notre éthique et nos valeurs collectives se corrompre.
Il laisse la confiance à l’égard de l’État, de la classe politique et de nos institutions démocratiques se décomposer. Et sur ce fumier, il cultive sciemment et sans état d’âme le cynisme et le dégoût des citoyens envers la chose publique. Sournoisement, Jean Charest tente ainsi de saper les dernières résistances sociales et culturelles au vaste projet néolibéral dont il est le porteur.
Pas étonnant, par la suite, que des discours de droite promettant moins d’État, moins d’impôt, moins de gaspillage et plus de «liberté» trouvent écho dans la population. Au lieu de céder à cette basse démagogie, reprenons plutôt le contrôle de notre destinée et de nos institutions collectives. Un sursaut démocratique s’impose! Et ce dernier consiste tout d’abord à exiger la démission immédiate du premier ministre et de son gouvernement afin que soit convoquée, dans les plus brefs délais, une élection générale anticipée.
– Marco Veilleux, Montréal