L'occasion de repenser notre ville
L’échangeur Turcot hérité de l’architecture urbaine du milieu du 20e siècle a été utile, mais maintenant que sa vie active est terminée, pourquoi ne pas en profiter pour repenser ce secteur de la ville de Montréal à la mesure du développement des grandes villes avant-gardistes du monde au début du 21e siècle?
Pourquoi ne pas partir du besoin de revitalisation des quartiers du sud-ouest de Montréal et dessiner avec les résidants les contours de leurs quartiers à partir de leur vie actuelle et de leurs aspirations pour l’avenir? Pourquoi ne pas tenir compte ensuite des besoins en transport en commun pour desservir de façon rapide et efficace ces mêmes quartiers et assurer également le déplacement de dizaines de milliers de personnes dans les axes est-ouest et nord-sud de la ville à cette intersection géographique importante en privilégiant toujours le développement du transport en commun? Par le fait même, nous intensifierions la lutte contre la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique, et nous aurions un impact immédiat sur l’amélioration de la santé de la population.
Pour compléter l’offre de transport en commun, on pourrait penser à la circulation automobile en privilégiant l’aménaÂgement au sol de boulevards urbains dont certaines voies seraient réservées à la circulation automobile. Ces boulevards s’intégreraient dans la trame urbaine du secteur et seraient reliées à d’autres voies importanÂtes pour assurer une certaine fluidité de la circulation.
En peu de temps, l’augmentation de la demande de transport en commun entraînerait une augmentation de l’offre de la part de la STM et une amélioration du service. En améliorant la qualité de vie à Montréal, des Montréalais, dont de jeunes familles, choisiraient d’y demeurer pour élever leurs enfants et d’autres personnes reviendraient y habiter. L’échangeur Turcot nous offre l’occasion de repenser notre ville autrement et de l’habiter autrement. À nous de ne pas manquer cette belle occasion.
– Yves Chartrand, Montréal