Le sirocco de la liberté
Le sirocco de la liberté qui souffle actuellement sur la Tunisie, l’Égypte et d’autres pays de la région fait voir rétrospectivement encore plus distinctement les erreurs qu’ont constituées les interventions militaires en Irak et en Afghanistan, et ce, pour la raison suivante : la démocratie s’impose mal par la force. Elle survient véritablement quand le peuple la réclame et la gagne de haute lutte par lui-même.
Saddam Hussein serait un jour tombé de par la volonté des Irakiens. Idem pour les talibans, de par celle des Afghans, tel un fruit qui tombe quand il est mûr. Mais Bush et Blair en ont décidé autrement. Leur impatience intéressée fera probablement en sorte que la dictature revienne dans ces pays.
Un jour, les Algériens feront la peau à Bouteflika, les Syriens à El-Assad, les Iraniens à Ahmadinejad et les Yéménites à Ali. Tel sera le lot de tous les dictateurs, pour peu que nous nous montrions patients et que nous fassions confiance aux peuples. Les soutenir, oui, mais tout faire à leur place, non.
– Sylvio Le Blanc, Montréal