«La Cité du Faticant»
Est-ce que Saguenay est une ville plus catholique que les autres? Il est permis d’en douter, puisque la moitié des églises de la municipalité sont désaffectées. Mais depuis que Jean Tremblay en est le maire, on peut dire que Saguenay est devenue la «Cité du Faticant». Le maire Tremblay n’est pas un cas banal. Pour qualifier son personnage, il faut recourir à un nouveau concept : le dogme de l’infaillibilité municipale.
Je ne serais pas surpris que les dévots qui forment le conseil municipal finissent par canoniser Jean Tremblay de son vivant. Ce serait l’occasion de transforÂmer l’hôtel de ville de Saguenay en Oratoire. Les fidèles viendraient de partout afin d’entendre le Souverain Pontifiant en personne, Jean Tremblay, le pape de la rue Racine. Ce serait bon pour l’économie de la ville. Mais trêve de plaisanteries.
C’est sans surprise que j’ai appris la décision du maire Tremblay d’interjeter appel du jugement du Tribunal des droits de la personne lui ordonnant de cesser de réciter la prière publique avant les séances du conseil municipal et de retirer les objets de culte de la salle du Conseil. Bien que partageant moi-même la foi catholique, la prétendue croisade de Jean Tremblay en faveur de la prière ne me plaît pas.
Je souligne d’abord que nous avons la chance de vivre dans un pays où la liberté de conscience et de religion est reconnue comme un droit fondamental pour tout individu. Cela signifie que chacun possède le droit de choisir sa religion et ses croyances selon ses propres convictions. Nous avons aussi la chance de vivre dans un pays démocratique. Mais la démocratie ne donne pas le droit à la majorité d’imposer sa religion au reste de la société puisque cela violerait le droit à la liberté de conscience, qui constitue un droit individuel fondamental.
La démocratie n’est pas synonyme de dictature de la majorité. Ainsi, en tant que citoyen, Jean Tremblay a le droit de suspendre des crucifix sur tous les murs de sa maison, et d’y installer des statues du Sacré-CÅ“ur dans toutes les pièces; il peut réciter le chapelet 10 fois par jour, s’il le juge à propos. Toutefois, l’hôtel de ville de Saguenay n’est pas la maison de Jean Tremblay ni celle des catholiques.
– Jean-François Tremblay, M.A., Alma