Déchéance ou renaissance
De la honte. C’est de la honte que je ressentais lorsque mes collègues du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations unies me regardaient, les yeux grands ouverts, ahuris, tandis que je leur disais pour la première fois que je venais du Canada. Et l’inévitable question : «Qu’est-ce qui se passe avec le Canada? Nous ne le reconnaissons plus.»
Du désespoir. C’est du désespoir qui me serrait le cÅ“ur lorsque, assis dans l’incomparable Salle des droits de l’homme et de l’alliance des civilisations du Palais des Nations, je réalisais que le Canada était le seul membre du Conseil des droits de l’homme à voter contre une résolution de dénonciation des crimes de guerre qui faisait autreÂment quasi-consensus.
Dans le cadre de mes études, de mes stages et de mon travail humanitaire à Genève, siège européen des Nations unies, je peux suivre en direct la dégénérescence internationale du Canada depuis l’accession du Parti conservateur au pouvoir. Environnement, droits humains, droit humaniÂtaire, aide au développement : sur tous les plans, le Canada recule, s’enlise, renie sa place historique sur la scène internaÂtionale… et perd toute crédibilité. Quelle preuve saurait être plus manifeste du rejet du Canada conservateur par le reste de l’humanité que son échec historique dans sa tentative de se faire élire au Conseil de sécurité de l’ONU? Les Canadiens ont aujourÂd’hui deux choix : poursuivre vers la déchéÂance internationale du pays ou faire du Canada un pays véritablement citoyen du monde. Votre vote aura un impact important bien au-delà de nos frontières. C’est maintenant entre vos mains.
– Alexandre Warnet, M.A. en Affaires internaÂtionales, Institut des Hautes études internationales et du développement (Genève, Suisse)