La peur de Harper
Combien d’études démontrant les bienfaits des sites d’injection supervisée (SIS) faut-il encore mettre de l’avant pour que le ministre de la Santé Yves Bolduc aille de l’avant dans ce dossier?
L’OrganiÂsaÂtion mondiale de la santé (OMS) et l’Institut de la santé publique du Québec (INSPQ) ont eu beau souligner à maintes reprises l’effet des SIS sur la réduction des maladies et des surdoses, les groupes communautaires ainsi que différents interveÂnants du milieu ont eu beau signer des pétitions et des appels au bon sens, le gouvernement balaye de la main ce qui, de toute évidence, doit être fait.
Yves Bolduc n’a malheureusement pas le courage politique et la volonté nécessaires pour donner le feu vert aux SIS. Il préfère attendre paresseusement le verdict de la Cour suprême pour trancher la question, de peur de déplaire au gouvernement Harper. Ce dernier, rappelons-le, poursuit son acharnement idéologique contre le centre InSite de Vancouver, envers et contre tous.
Qu’on le veuille ou non, la position extrême de Stephen Harper, qui s’oppose à la science et au bon sens, provoque une crainte bien réelle dans la sphère politique provinciale québécoise. De la sorte, personne n’ose se mouiller, Bolduc en tête, craignant de possibles représailles du fédéral. On se serait, bien évidemment, attendu à beaucoup mieux de la part de notre ministre de la Santé. Il semble qu’il rate ici une belle occasion d’affirmer son leadership. En effet, son rôle n’est-il pas d’encourager des initiatives innovantes et des interventions adaptées aux besoins criants du milieu, comme le proposent les centres Point de repères et Cactus Montréal?
– Étienne Boudou-Laforce, Québec