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La parade des films à numéros

Difficile ne pas être pris d’un vertige et d’une légère déprime à la vue du nombre faramineux de «suites» à l’affiche au cinéma. Ces temps-ci, les Pirates des Caraïbes 4, X-Men 5, Lendemain de veille 2, Rapide et dangereux 5 et Kung Fu Panda 2 monopolisent littéralement les salles obscures. Dans le Cineplex Odéon près de chez moi, rien de moins que 10 salles sur 14 sont dédiées à ces 5 longs métrages. Et bien qu’il soit naturel, en cette période estivale, que les cinémas accueillent leur lot de blockbusters en provenance de la planète Hollywood, il est quelque peu révoltant de voir que l’offre est si peu diversifiée.

Après le fléau des remakes, cette tendance aux «suites» poursuit la démonstration du laisser-faire créatif hollywoodien. Cette année, le nombre de suites, prequels et spin-offs de films devant atterrir sur nos écrans s’élève à 26, un record! C’est à croire qu’à l’usine à rêves, on ne se donne plus la peine de trouver une idée originale, d’élaborer un concept fort ou de concocter une bonne histoire. Il est bien plus facile de réutiliser les mêmes personnages ou les mêmes scénarios et de repartir pour un tour de piste.

Désormais, on se contente paresseusement de prolonger ad nauseam le succès d’un premier film. Il en découle des œuvres formatées qui adoptent le même carcan esthétique et narratif, et qui, plus souvent qu’autrement, déçoivent. La faute va principale-ment aux multiples producteurs omnipotents qui imposent aux réalisateurs de remplir sagement le cahier des charges.

Inévitablement, «les suites» feront sonner les tiroirs-caisses, mais pour ce qui est de l’originalité cinématographique, on repassera.

– Étienne Boudou-Laforce

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