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Nous sommes en deuil

Je suis encore sous le choc, comme la grande majorité des gens : le seul verdict que je ne voulais pas entendre est tombé. Guy Turcotte est criminellement non responsable du meurtre de ses deux enfants.

Mettons les choses au clair. Pour moi, Guy Turcotte est un criminel qui est responsable d’avoir infligé à Olivier 29 coups de couteau et de s’être tourné par la suite vers Anne-Sophie pour en faire autant, et ce, malgré les supplications des enfants d’arrêter. Cet homme est un criminel, un criminel malade, oui, sûrement très malade. Mais il demeure un criminel. C’est lui qui tenait le couteau dans ses mains, c’est lui qui a porté chaque coup sur les petits corps sans défense.

Nous n’avons pas le choix de nous conformer au verdict, nous vivons dans une société de droit. Cependant, là où nous pouvons, et devons réagir, c’est lorsque nous entendons sur les lignes ouvertes ou que nous lisons dans les différents médias sociaux des individus crier haut et fort que Guy Turcotte n’est pas le seul responsable de ses actes et qu’il faut également regarder du coté de la mère qui l’a poussé à bout. Je suis terriblement inquiète. 

Où se cache le prochain Olivier, la prochaine Anne-Sophie? Qui sont ces gens qui pensent ainsi? Est-ce mon voisin, mon cousin ou, pire encore, mon frère? Que peut-on faire pour protéger les enfants qui nous entourent contre des gestes aussi crapuleux? Être toujours aux aguets face aux chicanes familiales de notre entourage, prendre chaque geste qui nous semble irresponsable et les dénoncer, je veux bien, mais c’est totalement utopique, irréaliste…

Nous vivons dans une société où les valeurs ne sont plus des valeurs, où aucun geste n’a de réelle conséquence, où nous pouvons violer des enfants, en abuser, les détruire physiquement et psychologiquement sans connaître de véritable conséquence.

Le verdict me pousse à croire encore davantage qu’il est temps de créer une charte et un ministère consacrés aux droits des enfants. Il est temps d’établir clairement des règles strictes et quadruplement sévères lorsqu’un crime est commis contre des enfants. Nous avons le devoir de les protéger, de dire qu’aucune raison n’est valable pour toucher ne serait-ce qu’à un cheveu de la tête d’un enfant…

Aujourd’hui, la société québécoise est en deuil, nous devons, en mémoire d’Olivier, d’Anne-Sophie et de tous les autres enfants que nous n’avons pas su protéger, prendre le temps de réfléchir et nous remettre en question.

– Francine Laplante

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