Soutenez

Un satellite doit tomber sur l'Amérique

Elisabeth Braw - Metro World News

Un satellite vieux de 20 ans et qui n’est plus en service va s’écraser vendredi sur Terre. Il devrait se désintégrer en plusieurs morceaux au cours de sa chaotique descente vers la Terre, et 26 fragments pesant jusqu’à 150 kg tomberont dans une zone ayant 800 km de diamètre.

Bonne nouvelle : la NASA sera en mesure de déterminer les lieux de la chute deux heures avant qu’elle ne survienne. Les prévisions indiquent que les morceaux tomberont fort probablement dans le Pacifique.

Des déchets spatiaux tombent sur Terre tous les jours, mais c’est la première fois qu’on verra un engin de cette taille le faire. «Pour des raisons évidentes, la quantité de débris spatiaux a fortement augmenté depuis le début de l’ère spatiale, raconte Nicholas Johnson, scientifique en chef chargé des débris spatiaux à la NASA.

Même s’il tombe un débris par jour en moyenne, personne n’a été blessé pour l’instant. Fusées et satellites se consument en entrant dans l’atmosphère et seuls de petits morceaux atteignent le sol. De plus, la plupart tombent dans les océans ou dans des endroits comme la Sibérie.»

Il n’empêche que le volu­me de déchets spatiaux est en croissance. Actuellement, 22 000 grosses pièces – sans com­­pter les plus petites – orbitent à une vitesse de 12 km par seconde. «Quand une fusée achève sa mission, el­le devient un déchet, dit M. Johnson. Vous pouvez soit la préci­piter dans l’océan, soit l’envoyer dans une orbite plus élevée.»

Dans leur rotation perpétuelle, les débris frôlent des appareils et des installations importants : satellites de communications, navettes et mê­me la Station spatiale in­ternationale. Et le risque de collision augmente.

«Le ris­que de collision avec une mé­téorite ou des débris spatiaux augmente simplement par­ce qu’il y a plus d’objets en orbite, explique Sigrid Close, pro­fesseur d’astronautique à l’Université Stanford. Même les plus petites particules peuvent causer de gros domma­ges à cause de leur vitesse élevée.»

Le nombre de débris a atteint un niveau dangereux, s’inquiète dans un récent rapport le Conseil de recherche national des États-Unis. «Il a atteint un seuil où les fréquentes collisions de débris augmentent le nombre de débris en orbite», écrit le conseil.

Mais, dit M. Close, les météorites – des corps célestes naturels qui existent par millions – constituent un danger plus grand. En moyenne, les avions sont frappés par un objet spatial naturel une fois par an.

Robots c. débris
Les agences spatiales savent où se trouvent les vieux satellites. En fait, ils les ont mis sur des orbites «non utilisables», loin des satellites actifs. Le problème ne vient pas de ces appareils mis à la retraite, mais des débris qu’ils créent quand ils se désagrègent.

«Retirer les débris de l’espace est devenu très important, dit Sigrid Close, de l’Université Stanford. Pour les plus gros, on souhaite envoyer des robots pour les collecter et les rejeter loin de la Terre. Pour les petits, on envisage des traitements au laser pour changer leur composition et les faire tomber dans l’atmosphère où ils brûleront complètement et plus rapidement qu’actuellement.»

***

Terrorisme spatial
Métro s’est entretenu avec Petr Topychkanov, coordinateur du programme de non-prolifération au Centre Carnegie de Moscou.

Il est question d’attaques terroristes contre les installations spatiales. Quel est le risque?
Des terroristes pourraient utiliser des missiles volés aux Forces armées pour viser des satellites. Ils pourraient aussi prendre le contrôle de satellites en piratant les ondes radio et changer leurs activités. Dans un avenir proche, les nouvelles technologies seront disponibles pour les terroristes qui veulent s’en prendre aux objets spatiaux.

Quels dommages pourraient-ils provoquer?
Ils pourraient endommager les satellites de communications en les faisant entrer en collision entre eux ou s’écraser sur Terre.

La menace est-elle réelle?

Présentement, le risque est très faible, car les terroristes n’ont pas assez de ressources pour planifier de telles attaques.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.