Le CH appartient aux Québécois!

L’annonce du congédiement du DG du Canadien est l’une des rares bonnes nouvelles qu’on a reçues ces derniers temps. Quand elle est tombée, j’ai cessé toutes activités professionnelles et personnelles pour suivre la conférence de presse de Geoff Molson, président et chef de la direction du club.

Alors, ceux qui croient que le Canadien appartient à la famille Molson et ses partenaires financiers qui ont allongé presque un demi-milliard de dollars pour ramener ce joyau dans le giron familial, eh bien, ils ont tout faux. Le Canadien appartient à ses amateurs québécois. Comme tous les grands clubs de cette planète, même ceux cotés en bourse en Angleterre, le temple de libéralisme, le peuple est le véritable patron.

C’est le cas du Canadien. Ce fut une longue traversée de désert, ce chemin de croix au cours duquel on a voulu réduire le Canadien à une simple grande entreprise qui brasse du fric. Nouveau Centre, nouvelle direction qui a tablé sur la marchandisation d’une marque, le CH. On a réussi, en partie, ce pari.

Durant les dernières années, les gradins étaient pleins à craquer, les jeunes raffolaient de leur club et il fallait aux amateurs prendre leur mal en patience cinq à dix ans sur une longue liste d’attente pour décrocher le sésame, les billets de saison. Le tout, sans aucun maudit succès! Dans cette folie des grandeurs, on a oublié l’essentiel. Le CH n’est pas qu’une marque. Le Canadien est au commencement un club qui incarne la fierté d’un peuple, le québécois.

J’en ai ras le bol quand j’entends certains joueurs ou autres gestionnaires d’équipe qui garrochent à gauche et à droite que le sport est rendu une «simple business». Un joueur qui se fait échanger en pleine saison qui mime un désintérêt total en se drapant dans l’argumentaire d’une décision d’affaires, ni plus, ni moins,  je ne suis plus capable.

Le comble, c’est quand les journalistes ont osé rappeler à Pierre Gauthier que l’entraîneur qu’il a mis à la place de Jacques Martin ne parle pas français. Il a lancé à la meute son fameux : «Une langue, ça s’apprend»! Et vlan. C’était la goutte qui a fait déborder le Centre Bell et tout le Québec.

Alors, quand Geoff Molson a pris enfin la parole pour se confesser au peuple, il a annoncé une bonne nouvelle, celle de ramener au bercail l’un de ceux qui ont incarné le plus la fierté du Canadien, le grand Serge Savard, celui-là même qui a été trainé dans la boue, en 1995, sur l’autel du virage vers le «tout business».

La deuxième très bonne nouvelle qui nous tombera du ciel prochainement est le retour des Nordiques à Québec. Là, le CH n’aura plus le monopole du cœur des Québécois. Du coup, tout le monde ici va en profiter.

Les joueurs, les entraîneurs, les gérants d’équipe, les médias et j’en passe. On va assister à la renaissance de la lutte entre Québec et Montréal pour attirer le plus de compétences locales afin de se narguer, mais aussi pour maintenir la pression et attirer les amateurs.

Le fait d’être Québécois et de parler français seront reconsidérés comme des compétences transversales pour aspirer aux grands honneurs. Les entraîneurs, les techniciens, les dépisteurs, les analystes, les médias et tout le monde auront, ici, deux marchés de hockey pour aiguiser leurs compétences.

Et les joueurs de LHJMQ qui se font narguer, à tort, par le reste des chasseurs de têtes de LNH, ils auront une autre perspective. Les dépisteurs des Nordiques et du CH sillonneront tout le Québec à la recherche de la perle rare. Une saine compétition rend tout le monde meilleur, n’est-ce pas? C’est une sacrée bonne nouvelle pour nos jeunes.

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.