Les pompiers de Montréal réclament l’intervention du ministre Coiteux
L’Association des pompiers de Montréal (APM) réclame l’intervention du ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, afin que le Schéma de couverture de risques de la métropole en matière d’incendie soit respecté.
L’APM soutient que les coupes de postes et d’équipements motorisés survenues en janvier dans les casernes 39 et 44 de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve et Rivière-des-Prairies n’auraient pas reçu l’attestation de conformité délivrée par le ministre qui est le seul à pouvoir autoriser la modification d’un schéma de couverture de risques en vigueur.
Ce schéma détermine notamment les délais d’intervention et objectifs de protection contre les incendies et les mesures requises pour les atteindre. Il est établi en conformité avec les orientations du ministre de la sécurité publique.
«Cela démontre à quel point l’administration municipale peut souvent exercer son pouvoir au mépris des règles, et ce, aux seules fins de satisfaire des velléités politiques particulières», a dénoncé Ronald Martin, président de l’APM, par voie de communiqué.
Ces décisions s’ajoutent à des compressions de 20M$ faites en 2016. Le budget du SIM passant de 360M$ en 2015 à 328M$ en 2017, alors que le budget global de Montréal est en hausse de 140M$ cette année, dépassant le cap des 5,2 milliards de dollars.
Le leader syndical ne croit pas que les diverses coupes n’auront aucun impact sur le service aux citoyens, comme l’affirme l’administration municipale.
Réaction du SIM
Richard Liebmann, directeur adjoint par intérim au SIM, souhaite pour sa part remettre les choses en perspective.
L’article 28 de la Loi sur la sécurité incendie stipule «qu’une fois en vigueur, le schéma de couverture de risques peut être modifié en fonction de l’évolution technologique, d’une modification du territoire, d’une augmentation des risques ou pour tout autre motif valable, pourvu qu’il demeure conforme aux orientations ministérielles.»
Le directeur adjoint indique que le SIM s’est assuré qu’il en serait ainsi avant de prendre ses décisions (coupes).
«Nous effectuons présentement une révision de notre schéma et on se rend compte qu’il n’y a pas de changement majeur. Nous respectons toujours les orientations ministérielles et les temps de réponse», affirme M. Liebmann.
«La construction de la caserne 32, au Bout-de-l’île, est un plus dans l’est de Montréal», ajoute-t-il.
Le véhicule autopompe de la caserne 44 était un second véhicule. Il était principalement utilisé quand d’autres véhicules autopompes étaient au rancart pour des bris mécaniques. Son retrait n’a aucune incidence significative, selon M. Liebmann.
Quant aux décisions prises relativement à la caserne 39, notamment la mise au rancart d’un camion-échelle, plusieurs autres casernes peuvent prendre la relève, dont la caserne 45 qui se trouve à 1,4km de distance.
La géolocalisation permettrait également au SIM une meilleure affectation des véhicules.
La sécurité des pompiers et de la population demeurent et demeureront toujours au cœur de nos priorités, conclut M. Liebmann.
Du côté du ministère de la Sécurité publique, on mentionne que le déploiement optimal des ressources tant humaines que matérielles pour l’atteinte des objectifs fixés dans le schéma de couverture de risques est de la responsabilité de la Ville de Montréal.
Par conséquent, il revient à celle-ci de juger de la pertinence du retrait d’un véhicule, de son impact sur la force de frappe et de voir au respect des orientations ministérielles.