Repenser la solidarité… mondiale

Plus je parle aux gens autour de moi de l’état désastreux de nos finances, plus je me rends compte qu’ils sont déconnectés de la réalité. À gauche, à droite et au centre, tous campent sur leurs positions. Malheureusement, les dindons de la farce au milieu de cette cacophonie, ce sont les pauvres!

Nous sommes très endettés: 183,78 G$. Sur un budget de 60 G$, l’éducation nécessite 16 G$, la santé, 30 G$. Même là, nos systèmes de santé et d’éducation sont sous-financés, mal gérés et ne vont nulle part.

À droite, on avance la solution miracle, faire payer l’utilisateur (utilisateur-payeur), donc augmenter la cotisation santé annuelle de 200$ par personne et hausser les droits de scolarité. La vérité qui blesse, c’est que la santé et l’éducation seront sous-financés quand même.

À gauche, on colporte à tue-tête qu’il faut surtaxer les riches et le capital, tout en élargissant la gratuité à tous les services, comme à Cuba. C’est possible si tout le monde à travers la planète s’y met. Mais détrompez-vous, il n’y a pas de solidarité là-dessus. La Chine, un pays communiste par-dessus le marché, au sens propre comme au figuré, siphonne les investissements étrangers en tirant vers le bas les acquis sociaux de la social-démocratie, c’est-à-dire nous.

Déjà, au milieu des années 1990, François Mitterrand, ancien président français, a mis un bémol sur les négociations du GATT, l’ancêtre de l’OMC. Ce que les spécialistes appelaient la clause sociale. À l’époque, Mitterrand a tiré la sonnette d’alarme. La mondialisation et le libre-échange allaient détruire les acquis sociaux de la France. Car l’économie d’un pays comme la France ne pouvait être concurrentielle, considérant la générosité de ses acquis sociaux, face à des pays comme la Chine, qui pratiquent un dumping commercial grâce à une machine de production bâtie sur l’exploitation des ouvriers. En Chine, des millions de détenus de droit commun travaillaient gratuitement dans des usines-prisons. C’était pratiquement le nombre total des salariés de l’Hexagone.

Vingt ans après la prophétie de Mitterrand, eh bien, on est en plein dedans! Alors, ceux qui croient qu’il suffit d’élire un gouvernement qui va faire payer les riches et enclencher unilatéralement la démondialisation de son pays de la machine planétaire, ils rêvent en couleurs. D’ailleurs, c’est pour cette raison que la gauche n’accède plus au pouvoir en Occident. Et même si elle y arrive, elle mute pour devenir une nouvelle droite avec un discours de gauche, comme le «new Labor» de Tony Blair en Angleterre.

Malheureusement, nos médias, surtout la télé et la radio, ne consacrent pas ou peu d’espace au débat sur cette question cruciale. En France, les penseurs de la gauche se sont ligués en faveur d’une gouvernance mondiale solidaire et responsable, mais il faut du temps et un combat planétaire pour la réaliser!

Entre-temps, il faut refinancer notre santé et notre éducation, car en fin de compte, ceux qui payent très cher le statu quo, ce sont les pauvres. Leurs enfants n’auront pas les mêmes chances que les rejetons des plus riches. Autrement dit, la vie des enfants pauvres, ce sera une santé pourrie et des diplômes au rabais!

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