Quand on se compare, on se désole!
Montréal est balkanisée, croule sous sa bureaucratie titanesque, et ses rues ont l’air de celles d’une ville en guerre. Au Québec, on s’enfarge dans d’éternelles luttes intestines politiques et syndicales, alors qu’au Canada, notre PM fait du rattrapage pour s’accrocher à la comète Chine.
Pire, en Occident, à part quelques exceptions, la plupart des pays frôlent la faillite. Pourquoi? Parce que le monde autour de nous est passé à la vitesse supérieure sans sommation. Et dans 10 ans, nous risquons de passer à la trappe des pays émergents.
Prenez le cas de la Corée. On n’en parle pas souvent dans nos médias, mais ce pays aux plaines mornes et sans aucune ressource naturelle n’avait pas d’autre choix que de se surpasser en misant tout sur le savoir et l’exportation.
Sous le leadership d’hommes d’affaires avertis et à la poigne de fer, ce pays est passé, en 30 ans, de cancre de la classe à majeur de sa promotion. Samsung, une compagnie de là-bas, est le numéro un mondial des technologies. À lui seul, le groupe génère plus de bénéfices qu’Apple, Google et Microsoft réunis.
La Corée a misé sur l’éducation, la formation de pointe et l’acharnement au travail pour accéder à la réussite. Là-bas, on dort moins que le reste de la planète.
Pour preuve, les Coréens vouent un véritable culte au fondateur de Samsung, Byung-chul Lee. Ses collaborateurs racontent comme une mythologie l’avènement du premier électrochoc culturel de leur PDG. En 1995, celui-ci a offert des cellulaires à ses amis et à sa famille, mais certains d’entre eux avaient de petits défauts. Le président décida de brûler toute la production de 150 000 téléphones devant les employés! Les ouvriers pleuraient, mais ils ont saisi que la première manche de la guerre commerciale globalisée passe par la qualité.
Un autre jour de la fin des années 1990, le redoutable Byung-chul Lee a asséné un second choc à son groupe. Il a demandé à ses collaborateurs de changer tout, sauf leurs femmes et leurs enfants. Il fallait se débarrasser de tout ce qui avait été acquis auparavant. La course vers le design avait commencé.
Du coup, les investisseurs étrangers affluent. Comme le français Renault qui, au lieu de combattre le rouleau compresseur coréen, s’est allié avec Samsung Motors.
La force de frappe coréenne effraie aussi la concurrence étrangère. Apple essaie tant bien que mal de se frayer une petite place dans le marché coréen. Et même si un jour Apple gagne du terrain, Samsung sera gagnant aussi. Le groupe coréen est le numéro un des semi-conducteurs, ces fameuses puces qui font fonctionner les iPhone et autres bibittes d’Apple!
Pire, Google n’occupe que 5 % du marché coréen. Là-bas, on navigue sur Naver ou Daum, considérés comme plus performants. Et avant la création de Facebook, les Coréens avaient déjà leur réseau social Cyworld.
En Occident, on s’est endormis sur nos certitudes alors que demain est bel et bien coréen, chinois, brésilien, indien et sud-africain! Réveillez-vous!